LA CREATION : GENESE et EVOLUTION -4. Sans évolution créatrice, pas d’espérance

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Michel Salamolard

 

Pour une présentation de l’auteur,
vous pouvez vous reporter à l’introduction
du  premier article de la série.

Voir également son ouvrage  en finir avec le « péché originel? » paru chez Fidélité.

 

 


 

 

LA CRÉATION, VUE COMME GENÈSE ET ÉVOLUTION

4. Sans évolution créatrice, pas d’espérance

 

L’espérance chrétienne n’est pas un vague optimisme, mais une certitude fondée sur la volonté divine de conduire toutes choses à bonnes fins, très bonnes fins. L’espérance suppose une action créatrice non enfermée dans le passé, mais en mouvement continu vers un avenir que nous attendons dans la foi. Qui ne croit pas à cette évolution créatrice ne peut rien espérer d’autre que quelques années de vie sans trop de malheurs et de souffrance. Tous ses espoirs sont par avance détruits par la mort qui arrivera, précédée d’une diminution de la vitalité physique et psychique. Quant à l’avenir collectif de l’humanité, il se heurte à l’extinction de notre soleil dans quelques petits milliards d’années. À moins que la colonisation chimérique d’une autre planète ne nous accorde quelques délais supplémentaires. Dans quelles conditions ?

Bref, sans l’évolution créatrice et divine, il ne reste que le « gai désespoir » de Comte-Sponville. Gai, parce que le présent nous offre tout de même de belles satisfactions, en tout cas aux plus chanceux d’entre nous. Mais désespoir quand même, à cause d’un univers replié sur lui-même, sans projet divin qui expliquerait son origine et qui le porterait vers son accomplissement, par une création permanente, qui va vers plus et mieux. L’espérance est absente du Petit traité des grandes vertus si bien écrit par l’auteur que je viens de citer.

Le principe biblique d’évolution, de genèse et d’accomplissement à venir a donc tout pour être accepté avec une immense joie par tout chrétien, semble-t-il. Reste à préciser l’articulation de ce principe, qui fonde notre espérance, avec les données scientifiques concernant l’évolution du cosmos (le modèle standard du Big bang) et l’évolution de la vie sur notre planète, dans le sillage de Lamarck et de Darwin.

Comment se fait-il que, aux yeux de certains chrétiens, le concept biblique de création semble contredire les acquis scientifiques de l’évolution des espèces vivantes ? Selon moi, la difficulté ne vient pas d’un manque de formation scientifique des « créationnistes ». Certains d’entre eux sont parfaitement informés sur le plan scientifique. En revanche, on peut douter sérieusement de leurs compétences bibliques. Ce qui pourrait les amener parfois à un peu de myopie scientifique… Quand une des deux ailes de la connaissance, la science ou la foi, perd de sa vigueur, l’autre en subit les conséquences.

 

On reproche parfois aux (mal nommés) créationnistes une lecture littérale des Écritures. Je dirais plutôt qu’il s’agit d’une lecture faussement littérale de la Bible. En effet, dans l’Écriture, il n’y a rien d’autre que des lettres. Toute lecture est forcément littérale. Mais les lettres sont des signes, comme les « luminaires » de Gn 1:14-18. Ils signifient, ils indiquent autre chose qu’eux-mêmes. À moins de les diviniser, de les adorer, un peu comme fait l’islam avec le Coran. Mais précisément, le récit de Gn 1, comme toute la Bible, interdit pareille idolâtrie. Dieu n’est ni dans le cosmos ni dans les Écritures qui parlent de lui.

La lecture faussement littérale consiste donc à rejeter la lettre comme signe. La lettre devient alors une idole muette. Plus on l’adore, moins on entend la Parole de Dieu qui l’a inspirée. La lettre idole tue, alors que lue dans l’esprit elle donne la vie. Apprendre à lire la Bible comme Parole de Dieu en langages d’hommes, tel semble donc bien l’unique remède pour sortir de l’impasse.

Mais un certain concordisme* peut mériter une critique symétrique. La fascination exercée par les fantastiques découvertes scientifiques, en physique comme en biologie, pourrait aussi conduire à ne plus entendre la Parole de Dieu, notamment dans les récits de création. S’ils sont réduits à des mythes sans consistance, reflets obsolètes d’une culture préscientifique, ces récits perdent leur intérêt pour la foi. Ils ne disent plus rien ou pas grand-chose.

Quelle parade à cet autre danger ? Apprendre à lire la Bible ! Ne pas appuyer sa foi sur des connaissances scientifiques, mais traiter ces dernières comme des signes, encore une fois. De même que toute la création considérée dans son actualité peut « dire » la gloire de Dieu, sans paroles (Ps 19 ; 104 ; Ps 8), ainsi la création dans sa réalité temporelle, mise en évidence par la science, peut « dire » aussi sans paroles la gloire de Dieu et sa permanente action créatrice.

Quel dommage que ses découvertes aient conduit Darwin à devenir agnostique ! À cause d’une mauvaise lecture de la Bible, lecture faussement littérale, qui mettait sa raison en opposition frontale avec de prétendus dogmes bibliques. Aujourd’hui, il pourrait au contraire s’émerveiller d’une évolution créatrice dont il avait découvert tant de signes à travers ses recherches empiriques. Tout comme Einstein aurait de quoi chanter son cantique des créatures et louer Dieu pour l’espace-temps, pour les galaxies en mouvement, pour l’étendue et la complexité de l’univers !

Au fond, à chaque fois que des certitudes scientifiques concernant l’évolution de la vie ou du cosmos entrent en collision avec ce que nous croyons lire dans la Bible, c’est sans doute que nous lisons mal. Autant d’invitations pressantes à apprendre à lire nos Écritures, encore et toujours !

 

 

Puisse mon essai de lecture de GENESE 1 donner au moins une petite idée de ce que pourrait être une lecture intéressante et féconde ! Et susciter le désir de lire encore mieux. Ce qu’on ne réussit jamais aussi bien qu’ensemble, en partage avec d’autres lecteurs chrétiens. Le sens des Écritures, comme disait sauf erreur Grégoire le Grand, grandit avec ses lecteurs. Tout en les faisant grandir dans la foi, précisait Augustin. À travers chacun de ses membres, c’est l’Église qui ne cesse de chercher dans la Bible une nourriture pour sa vie.

 

 


* Concordisme : Système d’exégèse visant à établir une concordance entre les textes bibliques et les données scientifiques. 

 


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MIchel Salamolard

13 Commentaires

  1. him dim 06 Août 2017 Répondre

    Bonjour Michel
    Il me semble que vous ne mesurez pas à quel point l’acceptation de certaines « réalités » reconnues scientifiquement posent des problèmes métaphysiques à la théologie chrétienne. Dans le cas de l’évolution des espèces le problème principal me parait être que si le père du père, du père, du père, du père … de mon père … sur 3 millions de générations dispose d’une âme susceptible d’être sauvée et de vivre une merveilleuse éternité alors nous sommes déjà au niveau de l’ancêtre commun des hommes et des chimpanzés. Dès lors pourquoi les descendants de cet ancêtre disposeraient d’une âme susceptible d’être sauvée dans le cas des hommes et pas dans le cas des chimpanzés. Et si à contrario mon ancêtre sur 3 millions de générations ne dispose pas d’une âme susceptible d’être sauvée alors j’ai un ancêtre qui avait une âme susceptible d’être sauvée mais dont le père n’avait pas une âme susceptible d’être sauvée et de vivre une merveilleuse éternité.
    Bon courage pour convaincre les créationnistes chrétiens.

  2. Michel Salamolard dim 06 Août 2017 Répondre

    Bonjour him,
    Votre observation nous place devant, voire DANS, la plus fascinante énigme de l’univers. Fascination scientifique, fascination philosophique et théologique. Voici quelques remarques introductives à ce passionnant sujet.
    Resituons d’abord les quelques millions de générations humaines que vous évoquez au sein d’une histoire bien plus longue, celle de l’univers : 13,8 milliards d’années ! Cette histoire présente deux caractères étonnants, paradoxaux. (1) Tout semble se dérouler dans une impressionnante CONTINUITÉ, celle du même espace-temps, depuis le Big bang jusqu’à nos jours ; (2) Et pourtant, ce n’est pas un long fleuve tranquille, mais la production permanente de NOUVEAUTÉS inattendues.
    Un formidable concentré d’énergie se transforme progressivement en matière, et en matière de plus en plus organisée, alors qu’on aurait pu s’attendre plutôt à une sorte de désintégration, un peu comme ce qui se passe quand un avion explose en vol. Au contraire, l’histoire de l’univers ne cesse de produire de l’intégration toujours plus complexe. Jusqu’à nous. Le plus semble sortir du moins en permanence !
    Revenons maintenant sur notre petite planète. Votre remarque pose clairement le constat scientifique de la continuité. Elle est évidente dans l’évolution de la vie comme dans celle de l’univers en général. Avant nous, avant Homo sapiens, il y a eu un autre animal, issu lui-même d’un plus lointain ancêtre, et ainsi de suite à perte de vue. Avant le premier hominidé, il y a eu un premier mammifère, avant lui un premier animal, avant lui un autre vivant, pas encore vraiment animal, etc. Jusqu’à une première molécule, elle-même surgie d’atomes, eux-mêmes nés de, etc.
    C’est le rôle de la science que de reconstituer toujours mieux cette histoire en son DÉROULEMENT CONTINU. Je dis bien reconstituer, car personne n’était là pour l’observer directement. Il y a peu de chances que la science, dans cette enquête, aboutisse à des réponses définitives. Il y a encore moins de chance qu’elle puisse donner une réponse à L’ÉMERVEILLEMENT PHILOSOPHICO-THÉOLOGIQUE DEVANT LE MYSTÈRE QU’EST EN LUI-MÊME HOMO SAPIENS.
    Actuellement, à notre connaissance, Homo sapiens est le seul être vivant à se poser des questions. Il est le seul être capable de connaître tout l’univers, de se connaître lui-même et de s’ouvrir aux questions que vous évoquez : celle de son âme, celle de son salut. C’est là un fait de première importance, à nul autre pareil.
    Quel que soit le déroulement concret de l’évolution, étudié par la science, l’être humain est un mystère en lui-même et pour lui-même. D’où vient son âme, c’est-à-dire ce qui fait qu’il est différent de tous les autres vivants connus ? Certainement pas de la matière, qui ne possède pas la pensée. Certainement pas des forces physiques qui organisent l’univers naturel. Elles non plus ne pensent pas. (Alors que nous pouvons les penser !)
    Que Homo sapiens ait commencé d’exister comme tel il y a 6 000 ou 300 000 ou 600 000 ans, de ce point de vue, ne change rien. Homo sapiens est là, c’est certain. On ne le verra jamais commencer. On constate son existence toujours a posteriori, quand elle s’impose à nous. Elle s’impose à nous par notre propre existence aujourd’hui. Elle s’impose à nous plus lointainement par tout ce que l’enquête historique et paléontologique peut nous apprendre. Cette histoire aurait commencé, pense-t-on aujourd’hui, il y a quelque 300 000 ans. Mais n’oublions pas que le dernier fossile découvert n’est pas forcément celui du premier individu de notre espèce. Il ne s’appelait probablement pas Adam ! (Il est fiché pour l’instant sous le nom d’Irhoud, suivi d’un numéro, car les restes de plusieurs individus ont été mis au jour.)
    À partir de votre remarque, on voit donc diverger deux lignes de connaissance, nettement distinctes quoique complémentaires. (1) Comment et quand est apparu Homo sapiens (enquête scientifique) ; (2) Comment expliquer que Homo sapiens soit ce qu’il est, doué de conscience, d’intelligence, capable d’aimer, animé d’un désir infini (enquête philosophique et/ou théologique).
    N.B. Concernant le salut, c’est-à-dire l’avenir ultime des autres animaux, de la matière, de l’univers dans son ensemble, la foi chrétienne ne nous apprend pas beaucoup de choses. Mais le peu qu’elle nous enseigne est aussi remarquable que mystérieux : « La création, elle aussi, sera libérée de l’esclavage de la corruption, pour avoir part à la liberté et à la gloire des enfants de Dieu. Nous le savons en effet : la création tout entière gémit maintenant dans les douleurs de l’enfantement. » (Romains 8, 21-22, trad. TOB).

  3. Marc Fiquet lun 07 Août 2017 Répondre

    Bonjour Him,

    En effet comme nous avons pu l’exprimer encore dernièrement dans certains commentaires, dès que la science travaille aux frontières Physique-métaphysique, il arrive un moment où la zone devient marécageuse si on ne se heurte pas brutalement à un mur (le mur de planck concernant l’origine de l’univers par exemple).

    Du fait qu’il n’est pas possible de prouver l’existance (ou l’inexisantce) de Dieu, il existera toujours un saut métaphysique à franchir pour relier les deux mondes même s’ils sont en interraction.
    Cela ne veut pas dire pour auant que nous ne disposions pas d’indices en faveur de l’existence d’un DIeu créateur ou d’une âme éternelle en l’homme.

    Comme Michel l’exprime très bien il y a des questions d’ordre différents. Aussi l’émergence de la conscience chez les hominidés et en particulier chez Homo Sapiens lui a donné des capacités uniques et inaccessibles au reste du règne animal que ça soit au plan des idées (philosophie) ou spirituel, son rapport au bien et mal par exemple et son questionnement sur l’existence d’une morale supérieure.

    Voici la réfélexion de l’apôtre Paul dans sa lettre aux romains (version TOB) :
    RO 2:14 Quand des païens, sans avoir de loi, font naturellement ce qu’ordonne la loi [de Moïse], ils se tiennent lieu de loi à eux-mêmes, eux qui n’ont pas de loi. 15 Ils montrent que l’œuvre voulue par la loi est inscrite dans leur cœur ; leur conscience en témoigne également ainsi que leurs jugements intérieurs qui tour à tour les accusent et les défendent. 16 C’est ce qui paraîtra au jour où, selon mon Evangile, Dieu jugera par Jésus Christ le comportement caché des hommes.

    Si Dieu a voulu des êtres libres et responsables dans sa création doués d’un esprit (et d’une âme éternelle) et capables de le recevoir par la foi, je doute que la science puisse nous renseigner beaucoup sur la nature exacte de cette dimension spirituelle qui semble avoir une interraction forte avec notre conscience qui elle peut faire l’objet de nombreuses expériences.

    Quant au débat « théologique » qui stipulerait que Dieu aurait eu besoin de recourir à un micracle pour en faire une créature à part du reste du règne animal il peut être largement éclairé d’une part par les découvertes scientifiques qui racontent de plus en plus précisément notre histoire biologique et d’autre part par une exégèse plus rigoureuse, c’est pourquoi l’attitue qui nous parrait la plus enrichissante entre les domaines de la science et de la foi est bien celle du dialogue.

    • him lun 07 Août 2017 Répondre

      Bonjour Marc,
      il y a effectivement une préoccupation d’ordre moral dans la question « quel ancêtre a une âme et lequel n’en a pas. »

      « Quand des païens, sans avoir de loi, font naturellement ce qu’ordonne la loi [de Moïse], … »

      j’espère que les païens feront le tri dans ce qu’ordonne la loi de Moise qu’il faudrait amender au minimum avec :
      « Tu ne tueras pas un homosexuel au prétexte qu’il est homosexuel »
      «  Tu ne tueras pas une fille non vierge au jour de son mariage »
      «  Tu ne tueras le voisin qui travaille le samedi »
      « Tu n’extermineras pas un peuple au prétexte que ses ancêtres on été coupable envers toi 300 ans auparavant »
      «  Tu ne prendras pas pour femme les jeunes filles vierges que tu as capturé après avoir tué tous les mâles et filles non vierges de leur tribu même si cette tribu est coupable de quelque crime envers toi »
      «  Tu ne frapperas tes esclaves et d’ailleurs tu n’auras pas d’esclaves »

      • Marc Fiquet mar 08 Août 2017 Répondre

        Bonjour Him,

        Forcément quand on lit froidement en détail la loi mosaïque 3400 ans après en dehors de son cadre socio-culturel sans autre précaution, ça peut interroger sur la nature du Dieu des juifs ou des Chrétiens..

        Dans le contexte, Paul n’ouvre pas ce débat, il indique simplement que les grands principes du bien et du mal sont inscrits au plus profond du coeur de l’homme, que sa conscience lui en rend témoignage comme une voix intérieure. Et bien avant que les 10 commandements ne fussent donnés à Moïse, aimer Dieu, son prochain, ne pas commettre de meurtre, de vol ou d’adultère sont des aspirations propres à l’homme qu’il n’a pas inventées ou acquises par la socialisation, mais il les tiens de sa dimension spirituelle.

        • him mar 08 Août 2017 Répondre

          Bonjour Marc. Il est tout de même étonnant que les principes du bien et du mal dépendent autant du contexte socio-culturel au point qu’un esclave est « notre argent » et donc qu’il n’y a pas lieu de réprimer le maître qui l’aura battu si l’esclave meure après un jour ou deux. Encore plus étonnant dans un écrit inspiré par Dieu.
          La valeur morale de la condamnation du meurtre n’est véritable qu’après que l’on ai défini ce qui est un meurtre et ce qui ne l’est pas. De même pour l’adultère. 2 personnes qui vivent ensemble sans être mariés par exemple ne sont pas nécessairement dans l’adultère. Une femme qui épouse plusieurs frères n’est pas nécessairement dans l’adultère. Même les échangistes ne sont pas nécessairement dans l’adultère. Selon les fondements de ce que je crois être la morale universelle, émettre une condamnation morale dans les cas que j’ai cité serait immoral.

  4. him lun 07 Août 2017 Répondre

    D’abord merci Michel pour votre réponse.
    « D’où vient son âme, c’est-à-dire ce qui fait qu’il est différent de tous les autres vivants connus ? ».
    J’utilisais le mot « âme » dans ce je crois être l’acception chrétienne commune : une conscience de soi-même qui englobe notre mémoire, nos aspirations, nos affections, qui peut éventuellement continuer d’exister après la mort et qui n’existait pas avant notre naissance. Ma question première, dans une perceptive évolutive de l’humanité, était donc « qui a une âme et qui n’en a pas parmi nos ancêtres? ». Votre réponse, si je la comprend bien, est « on ne sait pas c’est un mystère ».
    Le sujet de l’évolution amène assez naturellement à évoquer notre proximité avec les primates. J’ai été étonné de pouvoir constater au travers de documentaires que certains primates sont capables d’être conscients de leur propre existence (capacité a se reconnaître dans un miroir), sont sensibles à la notion d’équité (manifesté par leur frustration si un congénère obtient une meilleure récompense pour un même « service » rendu), sont capables d’apaiser les conflits (main tendu après dispute), faire preuve de courage (défense de la communauté lorsque la menace de sa survie est extrême alors qu’ils fuiront plus volontiers si l’essentiel n’est pas menacé), capacité a partager (en ouvrant la porte de la cage d’un congénère pour qu’il vienne partager le repas) … et beaucoup, beaucoup d’autres choses …

    « La création, elle aussi, sera libérée de l’esclavage de la corruption ». Cela nous donne donc de l’espoir aussi peut être pour nos « amis » les primates (mêmes si eux-mêmes n’espèrent rien?). Mais j’espère que Dieu n’inclut pas aussi dans son plan les moustiques, les varans de Commodo et les tyrannosaures que personnellement je n’aime pas beaucoup (surtout les varans dont j’ai pu voir de quelle manière ils consomment leurs proies).

  5. Michel Salamolard lun 07 Août 2017 Répondre

    Him, votre allusion aux primates est très intéressante, pour la bonne et simple raison qu’ils existent encore. Nous pouvons donc facilement nous comparer à eux et découvrir dans cette comparaison ressemblances et différences (ce qui n’est évidemment guère possible pour les espèces disparues).
    Les ressemblances que vous notez sont intéressantes. Nous sommes ainsi rattachés au règne animal et non parachutés dans le réel sans racines profondes dans ce réel.
    Cela dit, nos compétences et performances sont sans commune mesure avec celles des primates, lesquels apparemment n’ont rien inventé, alors qu’ils ont eu, plus que nous, le temps de le faire, à commencer par le langage articulé, condition sine qua non de toutes nos connaissances, aussi bien scientifiques que philosophiques. À certains primates doués, on a pu apprendre à reconnaître quelques-uns de nos mots, mais la conversation n’a jamais été bien loin. ☺
    Mais, la preuve la plus éclatante de notre différence n’est pas seulement dans nos réussites scientifiques et techniques, ni même dans nos réussites sociales et humanitaires qui vont bien au-delà de la solidarité limitée nécessaire à la survie des primates. La preuve la plus éclatante se trouve peut-être dans nos plus lamentables comportements, dans les horreurs dont nous sommes capables, qui dépassent de loin la « cruauté » des varans, des crocodiles, des virus pathogènes. J’ai mis cruauté entre guillemets, car il n’y a manifestement aucune mauvaise intention dans la tête de ces bestioles, seulement la nécessité de se nourrir et de se reproduire avec les outils dont elles disposent. Les varans n’ont pas de fourchette ni de couteau pour découper délicatement leur proie après l’avoir tuée en douceur…
    Qu’est-ce que cela montre? Notre liberté. Nous n’avons pas un bon instinct qui programmerait nos comportements. Nous avons la liberté. Elle peut nous conduire aux sommets de la sainteté, mais aussi dans l’horreur du péché. Et cela à grande échelle. L’histoire passée et celle qui se déroule sous nos yeux nous le montre hélas tous les jours. Mais elle montre aussi ce que les médias laissent dans l’ombre: au plus noir de ces détresses, l’amour est omniprésent, un amour parfois héroïque, une espérance incroyable, dans le cœur des papas et des mamans, dans le cœur des enfants. Dans le cœur des humanitaires.
    Heureusement, la grâce divine nous est offerte en permanence pour nous donner lumière et force, pour modeler notre cœur et nous relever de nos fautes. Individuellement et collectivement.
    Dans le livre de la Genèse, il est frappant que Dieu, pour conduire Adam à découvrir son identité, commence par faire défiler devant lui tous les animaux. Adam donne un nom à chacun: invention du langage qui permet de tout connaître avec douceur et respect. Mais il ne trouve parmi eux aucun qui soit à sa hauteur pour être son vis-à-vis. Récit symbolique, mais combien rempli de sagesse en lien avec vos questions sur les primates!
    N.B. Dans le monde nouveau, tout sera transformé, à commencer par nous-mêmes. Les nécessités de cette vie auront disparu. Cela s’appelle la résurrection.. Nous n’aurons plus besoin de remplir notre estomac, les varans non plus. Donc, pas de souci de ce côté-là! ☺☺☺

  6. him lun 07 Août 2017 Répondre

    « La cruauté de l’homme est supérieure à celle des virus ». Effectivement que les virus n’ont pas d’autres but que de se répliquer. Mais je crois que l’on peut prouver que les souffrances infligés à l’homme par les virus sont supérieures aux souffrances infligés à l’homme par l’homme.

    Je vous avais d’ailleurs envoyé un post qui s’y rapporte. Peut être ne l’aviez vous pas vu ou pas tenu à y répondre mais au cas où le voici à nouveau:

    J’aimerais réagir à cette affirmation « ceux-là même qui nient par principe l’existence de Dieu sont les premiers à s’en prendre à Lui parce qu’il « permettait » l’existence du mal ». Je crois plutôt que la démarche est de se placer (sans a priori) dans l’hypothèse de l’existence d’un Dieu omniscient et omnipotent qui a la volonté d’avoir une relation privilégiée avec nous et d’évaluer les conséquences de l’existence du mal.
    Le plus grand mal dont l’humanité a eu à souffrir et souffre encore n’est ni les serial killers, ni les tremblements de terre, ni même les guerres, mais les maladies (il suffit de consulter les statistiques des causes de mortalité pour s’en convaincre). Le créateur de toute chose ayant été très imaginatif dans le domaine avec notamment : la typhoïde, la variole, la lèpre, la peste, la rage etc avec pour conséquence jusqu’au 18 ieme siècle d’emporter un enfant sur quatre avant l’age de 1 an et un sur 2 avant l’age de 15 ans. Encore maintenant la malaria (bien que l’on soit capable de la soigner) emporte 500000 âmes par an, de préférence avant l’age de 5 an. L’étonnant est surtout que l’inspirateur de la bible ne nous ait pas aiguillés vers notre mission d’alléger la souffrance humaine par la mise en œuvre de la démarche scientifique pour combattre les maladies mais nous ait plutôt fourvoyés avec des méthodes du genre « imposition du mains par les anciens de l’église » qui est d’une efficacité plus que douteuse.
    La rage est en sujet de réflexion intéressant. Une fois déclarée elle est à quasiment 100 % mortelle. Avec une mort dans d’atroces souffrance jusqu’à la découverte de la morphine. Admettons que Dieu n’ai pas pu faire autrement que de « permettre ? » à la rage d’exister, ne pouvait il nous aiguiller vers l’existence d’un moyen de soulager la douleur ?

  7. Michel Salamolard lun 07 Août 2017 Répondre

    De fait, him, votre post précédent m’avait échappé.
    Difficile de quantifier la souffrance! À elle seule, la seconde guerre mondiale a fait plus de 60 millions de morts, soit 2,5% de la population mondiale. Sans compter les invalides et les autres immenses dégâts humains et matériels.50 millions de morts pour la peste noire au 14e siècle.
    Mais il y a aussi l’aspect qualitatif. C’est tout de même autre chose de souffrir et de mourir d’une épidémie aveugle que de souffrir et de mourir du seul fait de la bêtise et de la cruauté insensée des hommes.
    Chacun peut avoir son point de vue là-dessus. Personnellement, si j’avais à choisir entre mourir d’un cancer ou mourir sous la torture d’un sadique ou d’un fou, je choisirais sans hésiter le cancer.
    Le créateur a surtout été très imaginatif quand il nous a dotés d’une intelligence et d’une volonté capables de combattre ou de prévenir les maladies, les accidents, les éruptions volcaniques, etc., soit directement soit dans leurs conséquences.
    Jésus lui-même a été proche des malades, en a guéri plusieurs. Il a demandé à ses disciples de continuer cela. Dans la parabole du jugement dernier (Matthieu 25), il nous indique clairement le chemin: visiter les malades, les prisonniers, vêtir ceux qui ont faim, accueillir les étrangers…
    La science et la charité, toutes deux dons du créateur, se sont toujours donné la main, avec plus ou moins de bonheur, pour combattre le mal qui nous vient de la nature.
    Si les sommes colossales investies dans la course aux armements, dans les conflits armés ou encore détournées systématiquement par notre système économiques au profit d’une petite minorité, si ces sommes étaient investies dans la recherche médicale, pour éradiquer la malaria, pour combattre le cancer ou la rage, nous cesserions peut-être de nous défausser de nos responsabilités sur le créateur.
    Me semble-t-il.

  8. him lun 07 Août 2017 Répondre

    Même sur l’aspect qualitatif êtes vous sûr ? Si vous aviez vécu avant l’invention des sédatifs ? Une longue et « cruelle » maladie avec interdiction morale de recourir au droit de mourir dans la dignité (c’est à dire sans droit à l’euthanasie) ?. Et le qualitatif ne saurait être séparé du quantitatif. Que choisiriez vous s’il s’agissait de perdre un enfant plutôt que trois ?
    L’homme des grottes de Lascaux est certainement déjà sensible et intelligent, il faudra néanmoins près de 20000 ans avant que ses descendants puissent bénéficier des anti douleurs. Cela ressemble beaucoup à « je t’ai fait intelligent maintenant débrouilles toi ».
    Sinon Jésus a effectivement confié aux chrétiens la mission de purifier les lépreux et de ressusciter les morts mais il semble que ce soit plutôt une métaphore pour se détacher du péché et se remettre en marche dans une vie renouvelée. La réelle purification des lépreux viendra des antibiotiques.
    Enfin oui combattons les fauteurs de guerre et je suis sur que de nombreux athées sont prêt à vous soutenir dans ce combat.

  9. Michel Salamolard mar 08 Août 2017 Répondre

    Bonjour him,
    Nous ferions bien, je crois, de ne pas poursuivre une discussion qui semble prendre une tournure polémique. Je ne vous en accuse pas, car j’ai peut-être moi-même favorisé cela par maladresse d’expression.
    Nous partons de deux positions inconciliables. Ce sont des options philosophiques.
    Vous avez apparemment du créateur une image négative. «Je t’ai fait intelligent, maintenant débrouille-toi», telle serait sa position sadique. Débrouille-toi avec ce monde qui te fait souffrir, dans lequel moi, Dieu sage et tout-puissant, je t’ai enfermé.
    Je vous avoue que si j’avais de Dieu pareille image, je ne croirais pas en lui. Je dirais moi aussi, comme d’autres : « La seule excuse de ce Dieu-là, c’est de ne pas exister. »
    De mon côté, je crois en un Dieu tout à fait différent de cela, celui dont Jésus nous a révélé le visage. Et je m’émerveille qu’il nous ait donné l’intelligence et la volonté qui nous permettent de connaître scientifiquement l’univers, de nous connaître nous-mêmes et de participer activement à notre propre humanisation. Je m’émerveille des admirables performances de l’humanité, dans tous les domaines. Avec la grâce de Dieu, qui nous accompagne et nous soutient, si nous le voulons bien, je suis convaincu que l’amour vaincra et j’espère en la vie éternelle, dont j’éprouve en moi le désir ardent. Pour moi et pour tous les autres.
    Je sais que je n’ai aucune chance (ni aucune envie) de vous convaincre de ma foi. Donc, je ne souhaite pas la défendre si vous l’attaquez.
    Ce n’est pas non plus à moi de prendre la défense du Créateur. Affaire entre vous et lui.
    Je ne me sens pas non plus concerné par les reproches que vous adressez au Créateur, puisqu’il ne s’agit pas du tout de celui auquel je crois.
    Je me demande juste à qui s’adressent au fond ces reproches. Si Dieu n’existe pas, ces reproches tombent dans le vide. Et si Dieu est le méchant que vous imaginez peut-être, ces reproches ne servent à rien d’autre qu’à nous désespérer.
    Autre chose est de s’adresser à un Dieu sage et aimant, soucieux de nous, comme je le crois, et de lui demander raison de notre existence, de nous souffrances, comme Job, par exemple, et comme tant de Psaumes bibliques.
    Jésus lui-même, le Fils de Dieu devenu homme, a subi de plein fouet la pire des souffrances, celle qui vient des hommes, souffrance à la fois physique, jusqu’à la mise à mort, et morale. Lui-même, dans son agonie à Gethsémani a ressenti douleur et angoisse. En même temps, il savait que s’accomplissait ainsi le projet de son Père : prendre sur lui, Jésus, tout le mal et le noyer dans l’amour infini qu’il recevait lui-même de son Père, afin de nous le communiquer, à nous tous.
    Partagés entre nos visions divergentes de Dieu, nous avons mieux à faire que de polémiquer. En suivant notre conscience, nous pouvons tous, croyants ou non, apporter notre petite ou notre grande contribution pour un monde plus humain, pour combattre la souffrance sous toutes ses formes et faire quelque chose pour le bonheur d’autrui, surtout quand il est en souffrance.
    C’est bien le sens de la parabole dite du jugement dernier en Matthieu 25. Personne n’est jugé sur ces croyances philosophiques ou religieuses, mais uniquement sur son amour concret du prochain en souffrance.
    Si nous sommes d’accord là-dessus, il ne reste qu’à nous respecter et à nous encourager à mener le même combat, celui de l’amitié et de l’intelligence au service de l’amitié.
    Me semble-t-il.

  10. him mar 08 Août 2017 Répondre

    Effectivement j’ai du mal a voir comment un Dieu omniscient, omnipotent et désirant avoir une relation avec nous, qui ne suggère pas à l’humanité pendant des milliers d’années une méthode d’accès aux connaissances nécessaires pour combattre les maladies, puisse exister.
    Cependant je ne me prétend pas athée de tout Dieu que l’on puisse me présenter. Jésus n’apparaît pas être omniscient et omnipotent du moins dans sa phase de kénose cela rend plus acceptable beaucoup de choses. Je vous remercie de m’avoir donné les raisons de l’espérance qui est en vous.

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