La Bible, image de l’évolution ?

Posté par Roger Lefebvre
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« Après avoir autrefois, à plusieurs reprises et de plusieurs manières, parlé à nos pères par les prophètes, Dieu nous a parlé par le Fils en ces jours qui sont les derniers. Il l’a établi héritier de toutes choses, et c’est par lui qu’il a fait les mondes. » (Hébreux 1.1-2)

Quel est le chrétien assidu de la Bible qui ne connaît pas cette première phrase de l’épître aux Hébreux ? Elle nous rappelle que Dieu s’est révélé de façon progressive à l’humanité à travers le témoignage d’hommes qu’il avait choisis à cet effet, le dernier étant Jésus, incarnation même du Fils de Dieu. Au cours du temps, ces témoignages se sont donc ajoutés les uns aux autres et furent soigneusement consignés dans l’Ancien Testament d’abord, puis dans le Nouveau Testament, pour constituer nos bibles actuelles : révélation écrite à laquelle Jésus-Christ est venu apporter un point d’orgue.

 

Notons biens que ces bibles sont constituées de papier et d’encre et, que de ce point de vue, rien ne les distingue de n’importe quel autre livre, fût-il un livre satanique. Dès lors, qu’est-ce qui fait qu’une bible est LA BIBLE ?… Le message bien sûr ! Et seulement le message qu’elle nous transmet ! Or, comme on vient de le rappeler, ce message s’est constitué au cours des siècles à travers des « hommes de Dieu », dont les témoignages furent pieusement collectés, écrits puis transmis pour arriver jusqu’à nous. Comme on le sait, ces témoignages ne se sont pas seulement ajoutés les uns aux autres, mais ils se sont aussi complétés les uns les autres, au cours d’une période de plus ou moins mille ans, pendant laquelle ils furent racontés, puis rédigés par des personnages aussi différents que peuvent l’être des agriculteurs, des pécheurs, des rois, des bergers, des théologiens, des théologiens, des médecins, des poètes, etc. On peut donc dire que la collection des textes qui constituent la Bible sont issus de personnes très différentes, dans des contextes socio-culturels tout aussi divers, et au cours d’une période vraiment longue.

 

Et pourtant, quand on lit cet ensemble de témoignages avec un peu d’objectivité, il n’est pas nécessaire d’être croyant pour y discerner une cohérence étonnante au niveau de la progressivité de l’information qui nous y est apportée à propos des relations de Dieu avec l’humanité. Pour le lecteur attentif, tout s’enchaîne selon un fil conducteur allant de l’origine à la fin de l’univers, et plus particulièrement, de l’origine de l’homme à sa finalité ultime. Pour ma part, s’il fallait un indice objectif de l’inspiration divine de la Bible, la cohérence du message qui nous y est transmis m’apparait comme l’argument le plus convaincant. Mais en écrivant tout cela, je ne fais sans doute que rabâcher ce que tout chrétien attaché à la Bible sait déjà ; et aussi merveilleuses soient ces choses, elles sont bien connues de tous. Or, c’est précisément cette banalité qui est intéressante dans la perspective de mon propos. En effet, je voudrais aborder la difficulté qu’éprouvent certains croyants à admettre la progressivité de l’information manifestée au sein du « grand livre de la nature », alors qu’ils admettent cette progressivité sans trop de difficultés, lorsqu’il s’agit de la révélation biblique. La Bible, pourtant, établit elle-même un parallèle entre sa propre révélation et celle qui procède de la création… Du moins, quand on ne se voile pas la face ! Car, comme Paul nous le rappelle,

« la colère de Dieu se révèle du ciel contre toute impiété et toute injustice des hommes qui retiennent injustement la vérité captive, du fait que ce qu’on peut connaître de Dieu est manifeste pour eux, Dieu le leur ayant lui-même manifesté. En effet, les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient fort bien depuis la création du monde, quand on les considère dans ses ouvrages. » (Romains 1.18-20)

 

Ouvrons donc ce « grand livre de la nature » ou, ce qui revient au même, ce « grand livre de la création », puisque la Bible nous dit que nous y verrons Dieu se révéler à tous les hommes, et pas seulement aux croyants. Or, qu’y voit-on ? Un univers qui part de rien – ou du moins, on ne sait pas exactement de quoi – pour se mettre progressivement en place à travers des milliards de galaxies en constante expansion ou, plus exactement, en expansion qui s’accélère constamment. Ce commencement, on le sait aujourd’hui, a eu lieu il y a 13,8 milliards d’années. Mais il a fallu attendre quelque 380.000 ans avant que ne jaillisse la lumière de la « période sombre » et qu’en même temps commencent à se stabiliser les premières lettres de ce qui allait former l’alphabet de notre univers : les atomes ! En commençant par les atomes les plus légers, cet alphabet s’est progressivement complété avec des atomes de plus en plus lourds. Ensuite, ces « lettres-atomes » se sont combinées en « mots-molécules » pour former ce que nous appelons la « matière » constitutive des étoiles, des planètes et des galaxies. Mais ce qui est intéressant, c’est que nous, les humains, sommes aussi « écrits » avec le même alphabet, je veux dire avec les mêmes atomes que tous ceux qui composent l’ensemble de notre univers… Exactement comme notre bible est écrite avec les mêmes lettres que tous les autres livres… Du moins, ceux écrits en lettre latines : celles que nous utilisons en français.

 

Mais, venons-en à nous, les humains, vivant sur cette merveilleuse petite planète bleue perdue au milieu de l’univers. Planète relativement jeune, puisque son histoire commence il y a 4,5 milliards d’années, et planète merveilleuse, disais-je, parce que la vie y est apparue un milliard d’année plus tard pour s’y développer et se complexifier progressivement jusqu’à l’apparition de l’homo sapiens, en Afrique, il y a quelque 300.000 ans. Or, c’est bien souvent sur cette évolution que butent encore beaucoup de croyants attachés à une lecture littérale du récit biblique de la création. Aussi revenons à la façon adoptée par Dieu pour écrire les choses : que ce soit la Bible ou le « grand livre de la création ». Dans les deux cas, sa révélation et son écriture sont progressives dans le temps, et de plus en plus complexes et structurées dans la forme. Ces deux caractéristiques – progressives et complexes – sont à retenir, car nous l’avons vu pour la Bible, et il en va de même pour la création. Or, au sein de cet univers, que ce soit la matière inerte ou l’être humain, tout est fait à partir des mêmes atomes : des atomes qui, étant dépourvus de toute intelligence, et donc de toute intention, sont bien incapables de se structurer par eux-mêmes. Ou alors, il nous faudrait diviniser la matière ! Dès lors, la seule explication rationnelle, c’est la préexistence d’une information, d’un programme, d’un projet intelligent capable de présider à cette complexification de façon structurée pour former : ici, une orchidée, là, une antilope, et là-bas, un être humain…

 

En ce qui concerne l’univers, on sait que sans l’existence de certaines constantes mathématiques et physiques au moment même du Big-Bang – c’est-à-dire sans programme préétabli – l’univers n’existerait pas aujourd’hui : il se serait dispersé en une poussière de particules subatomiques, ou il serait retombé sur lui-même comme un soufflé au fromage. N’en déplaise à ceux dont la philosophie s’en trouve bousculée, cela implique une intelligence organisatrice susceptible de programmer des atomes qui manquent singulièrement d’intelligence propre. Car il faut bien s’y résoudre : la matière ne pense pas ! Pas plus qu’un alphabet, les atomes ne peuvent s’ordonner en mots et en phrases cohérentes, sauf si quelqu’un d’intelligent s’en charge. Or, en ce qui concerne l’univers en général, et singulièrement le vivant, les choses sont bien plus complexes encore !

 

Pour la matière animée – et non « matière vivante », comme on l’entend trop souvent – l’existence d’un programme écrit est encore plus évidente. Depuis la découverte de l’ADN en 1953, on sait que cette macromolécule, en forme d’échelle hélicoïdale, est le support de l’hérédité chez tous les êtres vivants. En fait la molécule d’ADN est formée d’une multitude d’échelons composé de seulement quatre acides aminés différents, composant une sorte de « code barres ». Ces « échelons » sont regroupés en séquences spécifiques appelés « gènes », qui sont propres à chaque individu : 20.000 à 25.000 gènes codants – utiles – pour l’être humain. Chaque « échelle » est entortillée sur elle-même pour formé un chromosome de forme bien définie. Ces chromosomes vont par paires – sauf dans les cellules reproductrices – et leur nombre est caractéristique de chaque espèce : 23 paires pour les humains. Ce sont donc les gènes portés sur nos chromosomes qui définissent notre hérédité, mais il faudra attendre le séquençage de l’ADN, en 2003, pour savoir à quoi chaque gène correspond chez l’être humain.

 

Pourquoi cette – très, très ! – sommaire leçon de génétique ? Pour montrer que jamais l’image de l’alphabet n’a été aussi pertinente qu’au niveau de l’ADN : avec la combinaison de seulement quatre acides aminés, l’ADN écrit des mots et des phrases qui transmettent les milliers d’informations nécessaires à la constitution d’un être humain. Mais, comme pour la Bible, le « grand livre de la nature » nous révèle une démarche à la fois progressive et de plus en plus complexe. Les êtres vivant on commencé modestement à la frontière de la matière inanimée, avec les virus et leurs structures très sommaires. Ensuite sont venus les bactéries, et puis – je progresse à grandes enjambées dans l’arbre phylogénique du vivant – les plantes, les levures, les vers, les insectes, les poissons, les mammifères, les primates, les hominidés, les humains… Peu importent les « étapes » intermédiaires que j’ai ignorées par souci de simplification : là n’est pas mon propos. La réalité que je veux rappeler ici, c’est que depuis l’origine – il y a 3,8 à 3,5 milliards d’années – la vie s’est « révélée » de plus en plus complexe au fur et à mesure de l’évolution et du temps qui s’écoulait. Comme pour la Bible, cette « révélation » qu’est l’évolution, ne s’est pas faite en un jour : elle a été très progressive. Et comme pour la Bible, l’ADN des êtres vivants a gardé le souvenir de cette évolution, et cela à deux niveaux : dans les écrits eux-mêmes, et dans les erreurs de copies. Je m’explique.

 

Prenons tout d’abord la Bible. Comme je l’ai dit, quand on lit les livres de la Bible dans l’ordre où ils ont été écrits, on découvre une évolution évidente des informations d’ordre théologique, celles-ci s’affinant et se précisant progressivement pour atteindre leur sommet en Jésus-Christ. Mais d’autre part, la Bible, c’est aussi des manuscrits qui ont été gravés ou écrits avec de l’encre sur différents supports et recopiés pendant des centaines d’années, par des scribes qui ont fait des fautes que les suivants ont recopiées, etc. Heureusement, tous les scribes n’ont pas fait les mêmes fautes ; d’autre part, les versions différentes et les manuscrits sont suffisamment nombreux pour être recoupés. En pratique, il est donc souvent possible de remonter au plus près des originaux ; et cela, avec une certitude raisonnable, sans pour autant en posséder aucun. Pour les chromosomes des êtres vivants, c’est un peu la même chose. Depuis l’origine de la vie, on peu lire un ADN qui se complexifie avec le temps, au fur et à mesure des progrès de l’évolution : en partant des êtres monocellulaires et aboutir à l’homo sapiens, c’est-à-dire nous !

 

Cette lecture est aujourd’hui indéniable, en dehors de tout préconçu religieux ou philosophique. Mais comme pour la Bible, cette longue transmission ne s’est pas faite sans erreurs de copies. Afin de ne pas impliquer des influences fonctionnelles, on a relevé des erreurs de copies ayant eu lieu sur la partie non codante de l’ADN, c’est-à-dire dans des régions de l’ADN qui ne pouvaient pas influencer l’évolution dans un sens ou dans un autre. Or, chaque fois que l’on a repéré une erreur de copie dans le bagage chromosomique d’un être vivant quelconque, on retrouve cette erreur dans les chromosomes de tous ceux qui le suivent dans l’évolution, mais chez aucun de ceux qui le précèdent dans l’arbre de l’évolution : ce qui prouve avec certitude qu’il est l’ancêtre de toute sa descendance. À ce propos, vers 1669, et donc à sa façon, bien avant la découverte de la complexité de l’univers et du vivant, le chrétien qu’était Blaise Pascal nous encourageait déjà à faire preuve d’un certain équilibre :

« Il est dangereux de trop faire voir à l’homme combien il est égal aux bêtes, sans lui montrer sa grandeur. Il est encore dangereux de lui trop faire voir sa grandeur sans sa bassesse. Il est encore plus dangereux de lui laisser ignorer l’un et l’autre. Mais il est très avantageux de lui représenter l’un et l’autre. » (Pensées)

 

Il est vrai que, depuis bientôt quatre siècles, les sciences – bibliques y compris – ont progressé de façon exponentielle. Mais contrairement à certains athées, les croyants ne sont pas tenus d’y voir un encouragement à verser dans une radicalisation scientiste. Les chrétiens, notamment, ne devraient pas craindre qu’en acceptant l’évolution, ils soient aussi tenus de verser dans un déterminisme qui flirterait avec le fatalisme. Si l’alphabet et le langage de l’hérédité relèvent d’une « écriture intelligente », les « phrases » peuvent varier à l’infini en fonction de ce qu’il faut bien appeler le hasard. Non pas un hasard philosophique qui s’opposerait à Dieu, mais un hasard statistique lié au temps et aux circonstances. En fait, ici encore, le « grand livre de la création » est comparable aux textes de la Bible. Car si leurs rédacteurs ont écrit sous l’inspiration de l’Esprit Saint, chacun l’a fait avec les mots de son époque, de sa langue, de sa culture… Si bien que l’information que Dieu voulait transmettre à l’humanité l’a bien été, mais « incarnée » dans un langage humain. Exactement comme, dans un autre registre, l’évolution du vivant s’est faite en « s’incarnant » dans le contexte de notre univers terrestre.

 

Ceci, évidemment encourage une lecture plus affinée du récit biblique de la création. Je dis bien « création ». Car, encore une fois, les atomes qui constituent l’univers en général sont exactement les mêmes que ceux qui constituent l’être humain en particulier. Or, ces atomes sont bien braves, mais complètement idiots ! Dès lors, quelle est l’intelligence qui les a organisés, tels les lettres d’un alphabet, pour qu’au long d’un processus de 3,5 milliards d’années, ils écrivent les mots, puis les phrases, qui sont devenues ce que je suis, tout en racontant mon histoire ? Qui ?… Pour moi, je n’ai aucun doute quant à Celui qui a eu l’intelligence incroyable d’écrire ce programme extraordinaire avec autant de précision : programme qui – pour revenir à l’apôtre Paul et à sa critique des incrédules – devrait émerveiller et interpeller tout être humain un tant soit peu doué de curiosité et d’honnêteté intellectuelle ! Car, comme l’a dit Marcel Proust,

« Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à voir avec de nouveaux yeux. »

Ou, comme disait également Jésus :

« Tout scribe instruit de ce qui concerne le royaume des cieux est semblable à un maître de maison qui tire de son trésor des choses nouvelles et des choses anciennes. » (Matthieu 13:52)

 

Roger Lefebvre

26 Commentaires

  1. him mer 30 Mai 2018 Répondre

    Dieu savait pertinemment en créant l’univers que la vie allait foisonner sur des milliards de planètes quelques milliards d’années plus tard mais l’auteur de l’épître au Hébreux croit être parvenu à la fin des temps: « Dieu nous a parlé par le Fils en ces jours qui sont les derniers ». Tout comme Pierre « Ces gens ne sont pas ivres, comme vous le supposez, car c’est la troisième heure du jour. Mais c’est ici ce qui a été dit par le prophète Joël: Dans les derniers jours, dit Dieu, je répandrai de mon Esprit sur toute chair; Vos fils et vos filles prophétiseront, Vos jeunes gens auront des visions ». Tout comme Jean « Petits enfants, c’est la dernière heure, et comme vous avez appris qu’un antéchrist vient, il y a maintenant plusieurs antéchrists: par là nous connaissons que c’est la dernière heure ». Tout comme Paul « C’est pour cela qu’il y a parmi vous beaucoup d’infirmes et de malades, et qu’un grand nombre sont morts » (morts avant le retour de Christ).

    Par contre le 12ème chant du Srimad Bhagavatam commence sur une prophétie: celle des rois déchus de la terre qui naîtront durant l’âge de Kali. Cet âge commence vers l’an 3000 avant Jésus-Christ (mort de Krishna) et dure 432000 ans (jusqu’à la restauration du Dharma par le prochain avatar de Vishnou) .
    Encore 428000 ans à attendre pour savoir si cette prophétie tient la route ou pas.

  2. Roger Lefèbvre Auteur
    Roger Lefèbvre jeu 31 Mai 2018 Répondre

    Pour l’extinction du soleil, il faudra attendre un peu plus, je crois… À moins que la folie meurtrière des hommes ne précipite un processus d’autodestruction… Qui vivra verra !…
    En fait, je ne mettais pas l’accent sur le fait qu’apparemment, les apôtres (et l’auteur de l’épître aux Hébreux) se croyaient parvenus à la fin des temps, mais sur le fait que l’auteur de l’épître aux Hébreux semble voir, dans le fait que Dieu nous ait parlé par le Fils, (et donc dans l’incarnation), un aboutissement de sa révélation au monde… Juste un image sans prétention de l’évolution dans le « grand livre de la Nature » !
    Dans mon esprit, aucune spéculation sur la fin des temps : ce que j’appelle de la théologie-fiction… qui n’a rien d’une science, d’ailleurs. Avec tous les « tinitinophiles » (j’ai aussi quelques sources extra-bibliques), je laisse cela au prophète Philippulus !* ;-)

    * Hergé, « L’étoile mystérieuse »

  3. him sam 02 Juin 2018 Répondre

    « S’il fallait un indice objectif de l’inspiration divine de la Bible, la cohérence du message qui nous y est transmis m’apparaît comme l’argument le plus convaincant ». Sans doute à condition de faire un choix judicieux des versets inspirés. Beaucoup de passages gagneraient à être déclarés obsolètes et non inspirés.
    Un exemple parmi tant d’autres :
    « Lorsque des hommes se querelleront ensemble, l’un avec l’autre, si la femme de l’un s’approche pour délivrer son mari de la main de celui qui le frappe, si elle avance la main et saisit ce dernier par les parties honteuses, tu lui couperas la main, tu ne jetteras sur elle aucun regard de pitié. »

  4. Roger Lefèbvre Auteur
    Roger Lefèbvre lun 04 Juin 2018 Répondre

    D’accord avec toi… D’autant plus que nous le sommes tous deux avec l’auteur de l’épître aux Hébreux (8.6-7) ! « Mais maintenant, Christ a obtenu un ministère d’autant supérieur qu’il est médiateur d’une alliance meilleure, fondée sur de meilleures promesses. Si, en effet, la première alliance avait été irréprochable, il n’y aurait pas lieu d’en chercher une seconde. » Dans l’exemple que tu donnes – et il y en a bien d’autres – parler d’une loi qui n’est « pas irréprochable » est même un doux euphémisme ! Mais Jésus n’était pas loin de penser la même chose aussi : « Il leur dit : C’est à cause de la dureté de votre cœur que Moïse vous a permis de répudier vos femmes ; au commencement, il n’en était pas ainsi. » (Matthieu 19.8)

    Si tu as le temps et pour en savoir plus à propos de mon opinion sur ce sujet :
    http://voxclamantis.skyrock.com/3256767026-D21-LES-GUERRES-DE-L-ETERNEL-DANS-LA-BIBLE.html
    https://epeath.wixsite.com/epeath/quand-jesus-relit-moise

  5. Manu mar 05 Juin 2018 Répondre

    « Lorsque des hommes se querelleront ensemble, l’un avec l’autre, si la femme de l’un s’approche pour délivrer son mari de la main de celui qui le frappe, si elle avance la main et saisit ce dernier par les parties honteuses, tu lui couperas la main, tu ne jetteras sur elle aucun regard de pitié. »
    Dans le livre du Deutéronome, chapitre 25, versets 11 et 12.
    Dans ce même chapitre, au verset 4, on trouve un principe admirable (« Tu n’emmuselleras pas le bœuf, quand il foule le grain ») que le Nouveau Testament applique aussi aux humains.
    Toujours dans le même chapitre, aux versets 17 à 19, un appel à la vengeance contre le peuple d’Amalek.

    La Bible est comparable à des archives de famille.
    On trouve de tout dans les archives de famille…

  6. Roger Lefèbvre Auteur
    Roger Lefèbvre mar 05 Juin 2018 Répondre

    C’est vrai Manu qu’on peut le voir ainsi… En ce qui concerne l’usage qui est fait de l’Ancien Testament dans nos milieux chrétiens, ta remarque me fait d’ailleurs penser à deux paroles de Jésus qui se complètent :
    – Matthieu 12.35 : « L’homme bon tire du bien de son bon trésor, et l’homme mauvais tire du mal de son mauvais trésor. »
    – Matthieu 13.52 : « C’est pourquoi, tout scribe instruit de (ce qui regarde) le royaume des cieux est semblable à un maître de maison qui tire de son trésor des choses nouvelles et des choses anciennes. »
    Mais pour accepter l’idée de la nécessité de faire un tri dans l’héritage qui nous est parvenu dans l’A.T., il faut oser quitter la zone de confort (ou de paresse?) qu’offre la lecture littérale.

  7. Marc Fiquet mar 05 Juin 2018 Répondre

    Bonjour les amis,

    Dans ce sens Luther appliquait un principe herméneutique en rupture complète avec la scolastique de son temps qui pourrait nous être encore bien utile. plutôt que de considérer l’AT comme la LOI d’un côté et l’Evangile de la grâce de l’autre comme 2 livres quasiment irréconciliables, il souligne le fait que c’est l’esprit par lequel on approche les Ecritures qui compte, un esprit légaliste par exemple tirera toujours des leçons légalistes même des évangiles. Et un esprit éclairé de la grâce du Christ saura tirer la perspective idéale qui l’amène à Jésus même depuis l’AT :

    « D’autres font des détours et, comme s’ils fuyaient le Christ avec application, s’abstiennent ainsi de venir à lui avec le texte. Pour ma part, chaque fois que j’ai comme texte une noix dont la coquille m’est trop dure, je le jette aussitôt contre le rocher [Christ] et je découvre le noyau le plus délicieux »
    (Cité par G. Ebeling, Luther, p. 93.)

  8. him mar 05 Juin 2018 Répondre

    Peut être vaut il mieux laisser reposer dans sa tombe celui celui qui à écrit :
    – les Juifs sont sont remplis d’excréments du diable… dans lesquels ils se vautrent comme des pourceaux
    – la synagogue, c’est une putain incorrigible et une souillure du diable
    – on ne doit montrer à l’égard des juifs aucune pitié ni aucune bonté
    – ils doivent être punis de travaux forcés ou expulsés une fois pour toutes
    – nous sommes fautifs de ne pas les tuer
    – …

    • Marc Fiquet mer 06 Juin 2018 Répondre

      Him savoir retenir ce qui est bon et qui nous parait juste dans l’œuvre d’un homme est une qualité qui me semble indispensable. Jeter le bébé avec l’eau du bain n’a jamais fait progresser l’humanité mais exacerbe les tensions.

      Le jour où tu feras une boulette, rayerais-je aussi de ma mémoire toutes les bonnes discussions qu’on aura eu ensemble ? je peux le faire, c’est mon choix, mais cela annulera-t-il ce que tu as construit de positif ?

      Luther a fait des erreurs dont son attitude envers les juifs, on lui a reproché également son manque d’engagement pratique dans la société contrairement à l’Eglise réformée. Mais sans lui, le monde moderne aurait certainement un tout autre visage. Il faut faire un peu d’histoire pour en être convaincu.
      Aussi celui qui cherche à comprendre le monde dans lequel il vit aujourd’hui ne peut faire l’impasse de comprendre la théologie qui animait un tel esprit.

      Les réactions épidermiques il me semble, conduisent rarement à se poser les bonnes questions et ferment plus de portes qu’elles n’en ouvrent.

    • Thibault HEIMBURGER
      Thibault HEIMBURGER ven 08 Juin 2018 Répondre

      @ Him,

      Je suis catholique. Mais je suis profondément choqué par l’utilisation que vous faites de propos apparemment tenus par Luther.

      L’anti-judaïsme fut malheureusement le lot commun de l’Eglise, qu’elle soit catholique ou issue de la Réforme.
      Cet anti-judaïsme a ses racines dans la controverse puis la séparation de l’Eglise primitive d’avec la Synagogue au premier siècle (Cf. l’Évangile de Jean vers 90-100) lorsque les premiers chrétiens furent persécutés par les Autorités juives ( cf. le Martyr d’Etienne, Saul (futur Paul) poursuivant les premières communautés chrétiennes jusqu’à Damas etc.).
      Et, pour en rajouter une couche certains écrits de certains Pères de l’Eglise jusqu’à aboutir à la notion de « peuple déicide ».

      Mais nous sommes en 2018. Vous avez remarqué ?
      L’Eglise catholique,de son côté, a définitivement rompu avec son anti-judaïsme, en demandant pardon à de multiples reprises par la voix du pape Jean-Paul II et de ses successeurs. Et vous savez bien que « nos frères aînés dans la Foi » (le Peuple Juif) a non seulement accepté ce pardon mais s’est engagé dans une démarche de réconciliation mutuelle.

      Je ne sais pas ce qu’il en est, factuellement, des Eglises issues de la Réforme. Mais je n’ai aucun doute quant à leur volonté de rejeter les assertions citées de Luther envers les Juifs.
      .

  9. him ven 08 Juin 2018 Répondre

    Bonsoir Marc
    Que penserais tu d’un haut dignitaire musulman d’un pays musulman avec qui écrirait au sujet de la minorité chrétienne de son pays :

    « Nous sommes coupables si nous ne vengeons pas tout le sang innocent des musulmans que les chrétiens ont répandu … et le sang des enfants qu’ils ont répandu (ce sang qui brille encore dans leurs yeux et sur leur peau). Nous sommes fautifs de ne pas les tuer. Au contraire, nous leur permettons de vivre librement dans notre milieu, en dépit de tous leurs meurtres, leurs imprécations, leurs blasphèmes, leurs mensonges et diffamations; nous protégeons et défendons leurs églises, leurs maisons, leurs vies et leurs biens.
    Il faut que leurs églises soient réduites en cendres, et que tous ceux qui le peuvent y jettent du soufre et de la poix, ; ce serait bien si quelqu’un pouvait de plus y envoyer un peu du feu de l’enfer. »

    Et 180 pages du même acabit comme un legs essentiel de son autorité spirituelle.

    Dirais tu qu’il a commis une « boulette » ?
    Moi je dirais plutôt que c’est une faillite morale.

    Que penserais tu d’un autre qui dirait «  capturez des jeunes vierges Yézidis, tuez leurs mères, leurs pères, leurs frères, leurs sœurs non vierges, et ajoutez les à vos harems » ?
    Dirais tu qu’il faut regarder aux bonnes choses qu’il a prêché par ailleurs ?

    Je jette peut être le bébé avec l’eau du bain, mais je n’arrive pas à m’empêcher de considérer la faillite morale comme un indicateur que ce qui a précédé cette faillite contient les germes qui l’ont produite. Et qu’il est de notre devoir de nous méfier à l’extrême de tout ce qu’un tel homme à dit ou fait auparavant.

    Cela m’attriste de ne pas arriver à voir les choses de manière plus positive, face à toute la bonne volonté et la bienveillance qui émane de tes propos et de ceux de Roger.

    • Marc Fiquet sam 09 Juin 2018 Répondre

      tu as raison Him le terme de « boulette » n’était pas le mieux approprié pour un tel sujet.

      Cela n’enlève en rien la logique de mon discours et je pense que ta comparaison n’est pas recevable car comme l’explique très bien Thibault, tu sembles raisonner en dehors de tout contexte historique, ça ressort d’ailleurs dans nombreux de tes posts (ce n’est pas une critique, c’est juste ce que je constate dans ta manière d’aborder les choses morales). On ne peut pas juste comparer une situation ou un texte en projetant dessus nos connaissances ou notre contexte actuel sans s’intéresser à son contexte originel à sa réception, son évolution. C’est comme ça par exemple que la plupart des gens dans le grand public aujourd’hui pensent que Darwin est le père de l’athéisme et que son « Origine des espèces » publié en 1859 est un manifeste anti Bible !…
      Et donc j’espère que ces discutions vont pouvoir t’aider à prendre du recul comme tu sembles vouloir en témoigner à la fin de ton message.

      A titre personnel, je pense que la chose qui m’a le plus apporté ces dernière années, c’est de travailler sur le contexte (historique, culturel, etc..)

      Quand on aborde des situations ou des textes anciens (500 en arrière ici) parfois des cultures différentes, il faut faire un effort de se replonger dans ce contexte avant de faire des raccourcis dangereux, par exemple l’antijudaïsme théologique de Luther a été interprété comme de l’antisémitisme suite à l’idéologie nazie, ce qui est évidemment aux antipodes de la pensée originelle du réformateur.

      Beaucoup de littérature a été écrite à ce sujet qui n’est pas celui de l’article de Roger, je conclurai donc par ce lien qui résume très bien courtement la situation :
      https://www.persee.fr/doc/chris_0753-2776_1998_num_57_1_2037_t1_0111_0000_2

      Et un article très clair rédigé de sang de froid par la main d’un historien.
      https://bibliobs.nouvelobs.com/idees/20150603.OBS0096/luther-etait-il-antisemite.html

      • him sam 09 Juin 2018 Répondre

        La moralité si on la définie comme la recherche la maximisation du bien être de tous les hommes n’est pas relative à un contexte historique et culturel. Même si les choix à opérer ne sont pas toujours évidents (dilemmes moraux), il est évident s’il l’on accepte cette définition et que l’on désire être moral qu’il faut condamner l’esclavage, le viol et le génocide.

        Ce n’est pas une question de niveau de connaissance scientifique ou historique . Une autorisation de l’esclavage, du viol ou du génocide sont inconcevables dans le contexte culturel du Jaïnisme par exemple même au 5ième siècle avant Jésus-Christ.

        Au moyen age le pape Clément VI protège les Juifs lors des massacres liés à l’épidémie de peste noire (d’où leur présence historique dans le comtat Venaissin).

        Évidement selon l’environnement historique social et culturel cela devient difficile de se démarquer de l’ambiance dans laquelle on baigne. Du temps de Luther beaucoup sont anti juifs (par exemple Calvin et Erasme), mais il me semble qu’il les surpasse en tirant plus fort dans le mauvais sens. Il a donné du fil à retordre pour les chrétiens des générations suivantes.

        Pendant la seconde guerre mondiale l’évêque Martin Sasse, un des leaders protestants, applaudit la mise à feu des synagogues et la coïncidence du jour  de la nuit de cristal (le novembre 1938) avec jour anniversaire de la naissance de Luther. Alors que d’autres protestants comme la quaker Elisabeth Abegg sauve 80 juifs à Berlin au péril de sa vie, ou le pasteur André Trocmé au Chambon, qui motive ses paroissiens pour sauver des milliers de juifs aussi au péril de leur vie. Ou d’autres catholiques comme Karol Wojtyla qui sauve un femme juive en la portant sur son dos sur des kilomètres. Cette femme sera là pour l’accueillir en tant que pape lors de sa visite en Israel, laissant pour la postérité un témoignage à l’honneur de Jean Paul 2.

        Luther me paraît être le recordman de l’anti judaisme de son époque. En laissant pour la postérité :

        « Quand Judas s’est pendu et que ses intestins ont jailli et, comme cela se produit dans de telles circonstances, que sa vessie aussi éclata, les Juifs étaient prêts à recueillir l’eau et les autres choses précieuses, et puis ils s’en sont gavé et en ont bu avidement entre eux, et ils étaient alors dotés d’une telle finesse de vue qu’ils ont pu percevoir des commentaires dans les Saintes Écritures que ni Matthieu ni Isaïe eux-mêmes… n’auraient été capables de détecter, ou peut-être regardaient-ils dans le cul de leur Dieu Shed (référence à la fameuse truie que des enfants juifs tètent tandis qu’un rabbin paraît regarder l’arrière train de l’animal), et ont trouvé ces choses écrites dans ce trou fumant. »

        • Marc Fiquet sam 09 Juin 2018 Répondre

          Him on ne se comprend pas..

          as-tu lu les articles ?

          Je n’excuse pas Luther sur ce comportement là mais il faut nuancer ton approche

          Le point essentiel que je voulais souligner c’est que ce qu’un homme a fait de bien avant de dérailler, on ne peut pas lui retirer sinon déchirons les pages des Proverbes dans nos Bibles à cause du comportement de Salomon à la fin de sa vie.

  10. Roger Lefèbvre Auteur
    Roger Lefèbvre sam 09 Juin 2018 Répondre

    Bonjour à tous,
    Je ne pensais pas que mon article allait réveiller autant de références à des temps d’obscurité, tant au niveau de l’Ancien Testament qu’à celui de l’histoire de l’Église. (Merci pour les propos apaisant de Thibault !) Si Luther et Calvin ont joué un rôle essentiel en ce qui concerne la réflexion de la foi chrétienne et un certain retour aux sources, ce ne sont pas nécessairement mes maîtres à penser, surtout en ce qui concerne leur implication dans leur siècle. Difficile, en effet d’oublier l’antisémitisme de Luther, son attitude lors de la guerre des paysans… ou le martyr de Michel Servet qui n’a pas dit que des inepties, n’en déplaise à Calvin et à sa susceptibilité épidermique.

    Personnellement, et au-delà de certains excès de langage, je peux comprendre Him, quand je vois l’anti-islamisme primaire manifesté par certains chrétiens aujourd’hui : on a parfois l’impression que l’histoire se répète et, pour plagier Malraux, qu’elle ne nous a rien appris. Revenons donc un instant aux horreurs présentes dans l’Ancien Testament, et osons affronter le problème.

    On ne peux oublier que, comme l’Islam aujourd’hui, ces textes ne sont pas seulement destinés à codifier la vie spirituelle et morale du peuple d’Israël, mais aussi ses pratiques alimentaires et sa vie (sa survie ?) politique. Tout mettre sur le même pied au travers d’une lecture littérale serait tomber dans la même erreur que celle que l’on reproche aujourd’hui aux intégristes musulmans qui mélangent politique et religion. Hélas, cet intégrisme, on le retrouve chez certains chrétiens prétendument « évangéliques » qui cherchent absolument à justifier les actes de barbarie présents dans l’Ancien Testament en les attribuant à Dieu (par une lecture littérale) et en prétextant que Dieu n’a pas de compte à nous rendre, qu’il est souverain dans toutes ses décisions, aussi choquantes qu’elles puissent nous paraître.

    Je ne mets pas la souveraineté de Dieu en doute, et qui suis-je pour contester avec Lui ? Mais je m’en voudrais de lui attribuer des décisions contraires à tout ce que la Bible me révèle par ailleurs à propos de sa nature profonde : de son amour et de sa justice. Le Dieu qui s’est fait homme pour porter la condamnation de mes fautes sur la croix ne peut pas être celui qui ordonne le massacres de femmes, d’enfants et de vieillards innocents, sous prétexte de donner quelques arpents de terre et des maisons qu’ils n’ont pas construites à un peuple rebelle qui n’a jamais abandonné ses pratiques idolâtres. Nous avons là une guerre de conquête dont la cruauté et l’inhumanité sont en tous points semblables à celles que le monde a toujours connues et connaît encore aujourd’hui, au nom de Dieu… ou de toute autre idéologie foireuse !

    Mais pas plus aujourd’hui qu’hier dans la Bible, il n’y a lieu d’entériner les propos de guerriers, de politiciens et même de prophètes (qui sont un peu tout cela à la fois) qui attribuent leurs décisions et leur ordres à la divinité qu’ils croient honorer de la sorte. En ce qui nous concerne, il n’y a pas un Dieu de Moïse et de Josué à distinguer du Dieu révélé en Jésus-Christ. Et s’il y a une distinction à faire (et il y en a une) ce n’est pas en Dieu qu’il faut la chercher, mais dans la perception que chacun pouvait avoir de Lui dans le contexte et les circonstances qui furent les leurs… Et cela vaut aussi pour nous aujourd’hui : nos descendants en seront les témoins… sans doute quelque peu ébahis !

  11. him sam 09 Juin 2018 Répondre

    Bonjour Roger
    Il est inconcevable pour toi que Dieu soit « celui qui ordonne le massacres de femmes, d’enfants et de vieillards innocents » mais tu es faillible et après tout c’est peut être « certains chrétiens prétendument évangéliques  » qui ont raison.

    Mais j’aimerais aller directement à une question plus profonde:

    De nombreux chrétiens évangéliques croient que si quelqu’un ne se converti pas à Jésus-Christ avant de mourir alors sa destination est un enfer de torture pour l’éternité. Je sais que tu ne crois pas cela mais tu es faillible et après tout c’est peut être ces chrétiens là qui ont raison.
    S’il s’avère qu’ils ont effectivement raison, maintiens tu ton adoration de ce dieu là où le juges tu immoral et indigne de ton adoration ?

  12. Roger Lefèbvre Auteur
    Roger Lefèbvre dim 10 Juin 2018 Répondre

    Salut Him,
    Dis-donc, tu ne serais pas un peu tordu sur les bords, des fois ? En voilà une question !
    Tu n’aurais pas une vision un peu manichéenne de l’existence ? Ou du moins, la conception ON-OFF que tu attribues aux chrétiens évangéliques…
    ON : tu as accepté Jésus, bon pour le ciel !…
    OFF : tu ne l’as pas accepté, bon pour l’enfer !…
    Sauf que pour toi, ce serais plutôt…
    ON : Dieu est comme je le veux, j’adore !…
    OFF : il n’est pas comme je veux, je jette !…
    (Pour mémoire, et pour ceux qui n’ont jamais entendu parler de Jésus, les évangéliques ont tout de même une troisième option : ils seront jugés selon leurs oeuvres, sans vraiment définir leur statut exact.)

    Mais personnellement, je ne fonctionne pas, ou plutôt, je ne fonctionne plus dans ce genre de schéma manichéen. Comme quoi, je suis réellement faillible ! Mais (je l’espère) évoluant vers plus de vérité.
    ( Bon : ce que je vais dire maintenant n’engage que moi, et pas l’équipe de Science&Foi.)

    Dans la mesure où je considère que l’homme est l’aboutissement d’une longue évolution du monde animal ayant progressivement accédé à la conscience morale, je constate (avec Paul) que celle-ci met l’être humain en porte-à-faux avec lui-même :
    – D’un côté, sa nature animal est le fruit d’une évolution fondée sur la lutte pour la vie, et donc sur la loi de survie des plus forts… Autant dire que c’est inscrit dans ses gènes.
    – D’un autre côté, l’éveil de sa conscience morale l’amène à adopter des principes d’amour du prochain, de solidarité, et de renoncement à lui-même qui sont littéralement suicidaires au regard de sa nature animale.
    L’homme se trouve donc confronté à un idéal moral (humaniste ?) qu’il est incapable d’assumer vraiment tant que sa nature animale garde le dernier mot sur ses comportements.

    La solution est dans une évolution achevée de l’homme qui n’est possible que dans une relation d’amour avec son Créateur. Création volontairement inachevée, du fait qu’une relation d’amour ne peut s’imposer, puisqu’elle implique nécessairement la libre acceptation des deux parties.
    Or, c’est dans cette relation d’amour avec Dieu que l’homme peut puiser, non la volonté d’aimer son prochain (cette volonté est déjà présente dans sa conscience morale), mais surtout, la capacité de le faire vraiment : capacité qui ne devient vraiment possible (elle existe déjà à l’état de balbutiements) qu’avec l’épanouissement de sa nature spirituelle, autrement dit de son intimité avec Dieu.

    Dans cette perspective, tout manquement à cet idéal moral/humaniste est un péché (littéralement : un ratage de la cible) qui justifie la nécessité de la rédemption en Jésus-Christ. Puisque c’est lui (pleinement homme et pleinement Dieu) qui va en quelque sorte finaliser notre évolution en établissant notre union avec Dieu.
    Tout naturellement, cette communion d’amour, implique le pardon des blessures que nous avons imposées aux autres par nos « ratages » ou péchés passés, présents et à venir… D’où l’idée de rédemption.

    Pour moi, le salut consiste donc dans la libération de ma nature animale, pour me donner accès à la mise en oeuvre de ma véritable vocation d’être humain. Non que ma nature animale soit mauvaise en soi : elle m’a permis de devenir ce que je suis, y compris l’éveil de ma conscience morale. Mais à ce stade, elle est devenue un handicap qui m’empêche de poursuivre mon évolution vers l’être spirituel auquel je suis appelé.
    D’où le privilège de ceux qui ont rencontré le Seigneur au cours de leur vie.

    En ce qui concerne mon éternité, la relation d’amour vécue avec Dieu en Jésus-Christ, et le témoignage du Saint-Esprit attestant de mon « adoption par le Père » ne me laissent aucun doute : elle ne peut que se poursuivre. À noter que cette assurance ne repose pas sur une croyance, un doctrine ou une idéologie quelconque… Mais comme pour tout chrétien (aussi faillible soit-il) elle repose sur une relation commencée qui ne pourra que se poursuivre après la mort (physique) de notre nature animale.

    Pour parler de l’au-delà, le seul qui puisse être fiable, c’est Jésus, puisqu’il est seul à « être descendu du ciel ». La seule chose que l’on puisse retirer de ses propos, c’est que la vie après la mort est la continuité logique de notre vie ici-bas. Je pense donc que toute spéculation sur le ciel et l’enfer est hors de propos. Mais des paraboles et des enseignements de Jésus, il ressort qu’il y a « plusieurs demeures dans la maison de son Père »… Paroles énigmatiques qui laissent simplement entrevoir des situations différentes, sans préjuger des décisions divines. (Soyons aussi très prudents avec les textes eschatologiques qui relèvent d’une littérature bien particulière.)

    Bon ! Sur ce, je te laisse à tes cogitations Him… Mais n’oublie tout de même pas que pour hériter du Royaume de Dieu (dès ici-bas) il faut pouvoir devenir comme un petit enfant, simple et confiant dans l’amour de son Père.

    • him dim 10 Juin 2018 Répondre

      Bonjour Roger
      Je ne voulais pas t’agacer. Je n’ai pas réussi à être clair et tu es passé totalement à coté de ma question. Je sais très bien que tu as une vison équilibrée, sensible et généreuse de la doctrine du salut,
      J’ai été confronté à des églises évangéliques que j’aurais du mal à te décrire mais dont je retrouve les discours chez des apologistes comme Sye Ten Bruggencate et Matt Slick si cela te parle. J’ai extrait moi même et ma femme de ce genre d’église sans en avoir l’air au moment d’un déménagement pour la conduire vers les assemblées de Dieu qui étaient beaucoup plus positives à mes yeux . Elle y est encore. Et bien que ce genre d’église m’ait paru nettement plus acceptable j’ai pu entendre un pasteur qui a évangélisé Tahiti se glorifier de ce que ses convertis ai affirmé que si ce pasteur n’était pas venu ils auraient fini en enfer comme leurs pères. Et mille autres choses qui sentent aussi le souffre à mes narines, et qui sont monnaie courante aux états-unis comme je le constate chaque jour sur internet.
      Mais cela transpire aussi ici en France et je suis souvent confronté à un style de chrétiens très différent de ceux qui animent le site science et foi. Cela fait un moment que je me dis que c’est ailleurs que je devrais intervenir, mais souvent ces sites ne sont pas ouverts à l’argumentation contradictoire.

  13. Roger Lefèbvre Auteur
    Roger Lefèbvre dim 10 Juin 2018 Répondre

    Don’t worry !
    Non tu ne m’as pas agacé du tout… Mais que répondre quand on ne connaît pas la personne à qui l’on s’adresse et quand on ne sait pas où elle en est dans sa démarche avec Dieu.
    Non, je ne connais pas les deux auteurs que tu me signales. mais après un coup d’oeil sur le Net, j’imagine que je dois faire partie « des sots auxquels il veut apprendre à répondre ». À vrai dire, je n’ai aucun goût pour l’apologétique, je veux dire aucun désire de convaincre qui que ce soit que j’ai raison et lui tort.
    Par contre, je suis triste quand je vois des chrétiens de bonne foi qui se sont fait rouler dans la farine religieuse moulue par des dénominations sectaires. C’est à ceux-là que je m’adresse dans mes écrits, en les invitant à se réveiller et à ouvrir les yeux sur la réalité de la foi… Car tu l’auras compris, pour moi, quand le Christianisme n’est plus qu’une religion, quelle qu’elle soit, c’est toujours un constat d’échec pour la foi chrétienne.
    Cela dit, certaines sont moins pires que d’autres, et n’étant pas parfait moi-même (loin s’en faut ! ) je pense indispensable d’apprendre à vivre au sein d’une communauté de croyants en reconnaissant humblement que j’ai besoin d’eux… Et tant mieux si je peux aussi leur être de quelque utilité.
    Dieu te bénisse !

  14. LeChercheur lun 11 Juin 2018 Répondre

    L’ENVERS DE LA MÉDAILLE

    1- La génétique nous dit que ce n’est pas l’ADN du primate, mais celui du porc qui est le plus proche de l’homme, ce qui détruit la théorie de Darwin. 2- Les chromosomes des primates comme ceux du porc ne peuvent fusionner entre eux ou encore avec l’humain, ils sont incompatibles. 3- Le registre fossile indique que les espèces sont apparues soudainement et les animaux étaient tous formés. 3- Les évolutionnistes disposent de millions de fossiles, un grand nombre d’entre eux avouent qu’on ne trouve pas de fossiles qui indiquent une transition. 4- Les mutations sont pour la plupart négatives, d’autres sont neutres et peu sont positives. Quand elles le sont, c’est généralement dû à une perte d’information donc, contraire à l’évolution. Les mutations ne transforment pas une espèce en une autre. Une espèce qui a mué reste la même espèce. 5- Les évolutionnistes ont souvent caché des faits contraires à leur théorie. Par exemple, des fossiles de mammifères trouvés en compagnie de ceux de dinosaures, les nombreux cas de fraudes sont aussi des preuves de la malhonnêteté intellectuelle et du caractère purement idéologique de cette théorie. 6- Contrairement à ce que les évolutionnistes du passé nous enseignaient, la théorie du « Big Bang » démontre un commencement de la création. Pour que la « Bing Bang » puisse se produire, il a fallu une précision inimaginable. Par exemple, une précision en millième de seconde sinon plus et qui plus est, l’évolution ne donne aucune explication sur qui l’a causé. Regardez l’univers, il est réglé comme une horloge. Qui a créé les lois universelles qui le font fonctionner? Donc, il y a une intelligence dernière, l’univers et toutes les formes de vie. Tout a été créé par un Créateur d’une puissance et sagesse sans limites. Il n’y a jamais eu une évolution des espèces et la vie ainsi que l’univers avec toutes ses complexités n’ont jamais apparu par hasard. L’évolution est contraire au christianisme.

    • Marc Fiquet lun 11 Juin 2018 Répondre

      Ben le chercheur, on ne va pas reprendre ici les discussions qu’on a déjà eu par ailleurs, mais si je peux me permettre humblement un conseil, garde ton pseudo et continue de chercher…

      Fais juste attention à tes sources, exemple, concernant la génétique du porc, tu as dû tomber sur ce genre d’article qui avait fait le tour du web en son temps…
      https://www.x2b4.com/2007/04/01/lhomme-descendrait-du-porc-vague-de-suicides-a-la-mecque/comment-page-1/

      Mais il faut vérifier la date et lire les commentaires, c’était le 1er avril… ;-)

      voici le résultat du séquençage du porc auquel a participé l’INRA, ça ne remet ni en cause la théorie de l’évolution ni que le plus proche cousin biologique de l’homme soit le chimpanzé, cela ouvre des perspectives médicales comme la transplantation d’organes.
      http://www.inra.fr/Grand-public/Genetique/Toutes-les-actualites/Sequencage-du-genome-du-porc

      il est clair que la « presse créationniste » s’empare également de ce genre d’études ensuite pour faire dire n’importe quoi à la science mais il ne faut pas en conclure que l’évolution s’oppose au christianisme mais à un certain christianisme qui a posé comme présupposé non négociable celui d’une lecture littérale des Ecritures. Chacun reste libre de ses interprétations, mais il nous semble qu’au minimum nous devrions faire preuve d’honnêteté intellectuelle quand il s’agit d’observer le monde. Tu sembles tout mélanger.. l’évolution ne parle pas de l’origine de l’univers mais de la façon dont il évolue, elle est absolument compatible avec la théorie du big bang et l’idée d’un créateur à l’origine des lois qui régissent ce que nous en comprenons de l’univers. rien ne réfute Dieu dans ce que nous observons dans la nature bien au contraire… je t’invite à lire d’autres articles notamment dans la rubrique ressources à ce sujet.

  15. Roger Lefèbvre Auteur
    Roger Lefèbvre mar 12 Juin 2018 Répondre

    Marc, tu semble douter du fait que l’homme puisse descendre du cochon… Chacun à le droit d’avoir ses opinions et je respecte la tienne sur cette question. Mais sans mettre ta bonne foi en doute, d’un point de vue strictement scientifique, te semble-t-il raisonnable d’ignorer les milliers de témoignages de femmes dans le monde qui peuvent pourtant attester que c’est bien une réalité ?

  16. Marc Fiquet mer 13 Juin 2018 Répondre

    Salut Roger,

    Peut-être m’as tu mal lu..

    Comme tu le sais, j’adhère au consensus scientifique c-a-d qu’aucune espèce actuelle ne peut descendre d’une autre espèce moderne, ainsi l’homme ne descend ni du singe ni du porc mais tous les êtres vivants partagent des ancêtres communs.

    L’homme partage biologiquement un ancêtre commun avec le chimpanzé qui est plus proche dans le temps que celui qu’il partage avec le cochon.

    On a un peu de mal à reconstituer précisément les pièces du puzzle pour dater exactement la séparation entre les différentes branches du buisson donnée par les fossiles retrouvés et les études génétiques, mais cela n’invalide en rien la théorie de l’évolution comme d’aucuns essaieraient de le dire en déformant ou en comprenant mal les conclusions des études publiées.

    voir ici l’arbre phylogénétique de l’homme et l’article qui va avec.
    https://www.hominides.com/html/dossiers/grands_singes.php

    Le patrimoine génétique commun entre les grands singes actuels et l’homme et notamment le chimpanzé est plus important qu’entre les cochons et l’homme et qu’entre n’importe quelle autre espèce vivante et l’homme. Cette donnée scientifique factuelle n’a, à ma connaissance jamais été remise en question par aucun séquençage génomique à part quelques poissons d’avril…

  17. Roger Lefèbvre Auteur
    Roger Lefèbvre mer 13 Juin 2018 Répondre

    Oh ! moi tu sais, pour ce que j’en disais… Je ne demande qu’à te croire.
    Reste à convaincre toutes les femmes convaincues qu’en tout homme il y a un cochon qui sommeille ! ;-)

  18. Roger Lefèbvre Auteur
    Roger Lefèbvre jeu 14 Juin 2018 Répondre

    Ma réflexion n’était pas vraiment d’ordre scientifique, mais plutôt humoristique dans le prolongement de la farce de 1er avril signalée par tes soins. Ma remarque faisait allusion à une phrase très connue du célèbre chroniqueur et gastronome qu’était Charles Monselet : « Tout homme a dans son coeur un cochon qui sommeille »… Phrase récupérée et détournée par beaucoup de femmes déçues par la grossièreté de certains hommes. D’où ma référence à ces femmes nombreuses prêtes à soutenir que l’homme (le mâle) descend bien du cochon… du moins pour ses moeurs ! ;-)

  19. Marc Fiquet jeu 14 Juin 2018 Répondre

    du coup c’est moi qui t’ai lu un peu vite.. :-D

    L’intérêt de ton article n’était pas de tte façon de retomber dans des débats techniques même si c’est tjs intéressant de dépolluer qq fake news…

    L’intérêt était surtout de montrer la révélation progressive dans les Ecritures et donc la cohérence avec la manière dont se déploie la vie dans l’univers. Contrairement donc à ce qui a été affirmé plus haut, il y a bien une cohérence entre le Dieu qui se révèle dans les Ecritures et dans la nature par l’évolution.
    Le conflit vient quand on cherche à faire de la Bible ce qu’elle n’est pas, le modus operandi de l’univers comme tu l’as bien expliqué par ailleurs. Il n’y a plus de conflit quand la Bible devient une référence en matière spirituelle, mais un livre incarné dans la réalité de son temps. C’est là un point de clivage important au sein de la communauté chrétienne, mais un défit d’unité néanmoins à relever. Car malgré des points de vue différents, les chrétiens savent (ou devraient) savoir vivre leur unité qui dépend de leur union spirituelle en Christ.

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