En finir avec le « péché originel »? (1)

Posté par Benoit Hébert
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La question du « péché originel » est l’un des enjeux théologiques les plus brûlants en ce qui concerne les rapports science/foi. C’est un sujet actuellement débattu par de nombreux théologiens évangéliques, mais aussi dans d’autres branches du christianisme. La réflexion est par exemple très avancée chez beaucoup de penseurs catholiques, comme Michel Salamolard qui a publié en août 2015 un livre intitulé « En finir avec le « péché originel »?  » Exploration théologique et pastorale.

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Le titre du livre est quelque peu provocateur, et même si son auteur écrit de façon très humble, il se fait l’écho d’une réflexion bouillonnante chez un certains nombre de catholiques pour qui le dogme catholique du « péché originel », s’il a eu son utilité, nécessite pour le moins une très sérieuse révision. Les catholiques disposent d’un « Magistère » fixant la « doctrine officielle » de l’église catholique. Ce n’est pas le cas chez les évangéliques. Pourtant, dans les deux cas, les opinions théologiques concernant ce dogme diffèrent énormément d’un croyant à l’autre. A part Henri Blocher, je ne connais pas de théologien évangélique francophone qui se soit penché longuement sur cette question difficile.

Bien entendu, c’est avec un regard évangélique que j’ai lu ce livre passionnant. L’auteur traite de la doctrine catholique du péché originel, doctrine avec laquelle la plupart des évangéliques ont déjà pris quelques distances puisqu’elle est directement liée au baptême des enfants. Malgré quelques différences importantes, il existe toujours un certain nombre de points communs entre la compréhension catholique traditionnelle et la compréhension évangélique de ce dogme. L’idée de la série d’articles que je propose est d’ouvrir la discussion dans un contexte évangélique, à partir des réflexions sur la doctrine catholique.

Dans un chapitre intitulé « une doctrine devenue problématique », voici l’état des lieux fait par M. Salamolard

La doctrine du « péché originel » a rempli une fonction bien utile, plus ou moins bien comprise, durant des siècles. Aujourd’hui, elle est devenue problématique. Que s’est-il donc passé? Il s’est produit, au XVI ème siècle, un bouleversement culturel immense, dans tous les domaines, notamment en sciences naturelles, mais aussi en sciences bibliques, historiques et théologiques. Dans la mesure où le « péché originel » était lié par toutes ses fibres à un autre état de la culture, ce qui est indubitable, la mutation profonde, relativement récente, qui s’est opérée dans nos connaissances, dans nos visions du monde et de l’homme entraîne forcément une rupture de liens qui ont permis jadis à la doctrine augustinienne de s’inscrire de façon crédible dans un autre univers culturel. (p53)

Mais précisons de quoi il s’agit quand l’auteur évoque le « péché originel » dans la doctrine catholique « officielle ». Voici en résumé les principaux points, issus de différents conciles ( choisis et extraits du livre)

  • Adam est un personnage historique, le premier homme et non symbolique
  • Le récit de Genèse 3 est celui d’événements historiques (non symboliques)
  • Adam jouit de l’immortalité et de la justice, dans l’amitié de Dieu
  • Il trahit son statut et offense Dieu (« péché originel originant »)
  • Il perd alors ce statut privilégié, et encourt la colère de Dieu
  • Son châtiment est la mort et l’asservissement au diable. Il a tout perdu, c’est la « chute originelle »

 

Conséquences pour les hommes :

  • Adam a entraîné toute l’humanité dans sa chute, y compris les « nouveaux-nés »
  • Adam transmet -par « propagation héréditaire »- la souffrance, la mort et le péché.
  • Affectés du « péché originel originé », tous les hommes sont condamnés à l’enfer éternel, à moins d’être sauvés par le baptême. D’où la nécessité de baptiser les tous petits au plus vite.

Le évangéliques n’adhèrent pas à tous ces points mais à plusieurs d’entre eux. Ils ne croient pas par exemple que les nouveaux nés soient « damnés » dés la naissance et ils ne baptisent que des personnes adultes désireuses d’obéir au commandement de Jésus et conscientes de leur engagement après une « conversion personnelle ». Néanmoins, la plupart croient en un Adam historique, souvent père biologique de l’humanité, et ils croient aussi que la chute d’Adam les a entraînés dans le péché, sans qu’ils aient eu le choix!

Pour aborder ce sujet ultra sensible, M. Salamolard a écrit 6 chapitres

  1. Le « péché originel » est-il un dogme?
  2. Genèse, fonction et « poids » du « péché originel »
  3. Doctrine devenue problématique
  4. Le dossier biblique : étude de Genèse 2-3, de Romains 5, et perspective biblique globale
  5. Evolution récente
  6. Interprétation renouvelée du péché originel.

Même s’il la juge caduque en l’état, M. Salamolard salue les fonctions positives et protectrices qu’a eu cette doctrine catholique pour la foi chrétienne (p.48). Voici quelques vérités protégées par le dogme établi par Augustin :

  • L’unité solidaire de tout le genre humain
  • L’universalité du péché
  • La nécessité du salut divin
  • La liberté humaine et la souveraineté de Dieu agissant mystérieusement ensemble
  • L’accomplissement du projet divin en Jésus Christ, vrai Dieu et vrai homme, donnant sa vie et sa mort pour le salut de tous, sans exception.

 

Malgré tout, l’église catholique n’a pas adopté toutes les opinions d’Augustin, quand elle a accueilli favorablement sa vision du « péché originel ». Elle a rejeté (p.49) :

  • La double prédestination, au salut et à l’enfer
  • L’humanité, masse de boue, damnée à cause d’Adam
  • L’enfer pour les non baptisés, y compris les nouveaux nés
  • La propagation de péché d’Adam par l’union charnelle de l’homme et de la femme
  • La nature humaine totalement corrompue et viciée par Adam
  • La liberté humaine entièrement captive du péché.

 

Avant d’aller plus loin dans la discussion, voici quelques questions :

1Les évangéliques ont-ils une « doctrine du péché originel » unanimement admise ? Ont-ils dans leur ensemble réfléchi à cette question en profondeur? Sont-ils conscients des enjeux, des conséquences de cette doctrine sur leur théologie ?

2Les évangéliques considèrent-ils que cette doctrine est devenue aujourd’hui problématique, par exemple pour l’évangélisation ? Considèrent-ils que les nouvelles connaissances scientifiques, historiques et bibliques devraient influencer leur théologie en la matière ? Considèrent-ils que ce dogme a été établi en partie sous influence « culturelle » par Augustin ?

3Quels sont les points communs et les points de divergences entre catholiques et évangéliques sur ce sujet ?

4Certains protestants/évangéliques ont-ils adopté certaines opinions d’Augustin, alors que celles-ci étaient rejetées par les catholiques? Etait-ce une bonne idée ;-) ?

 


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42 Commentaires

  1. Antoine lun 09 Nov 2015 Répondre

    Je ne suis pas un spécialiste, mais les points 1, 5 et 6 (au moins), de la théologie d’Augustin que l’Eglise Catholique a rejetés n’auraient-ils pas été « récupérés » par la TULIP du Calviniste?

  2. Auteur
    Benoit Hébert mar 10 Nov 2015 Répondre

    C’est aussi l’impression que ça m’a fait, Antoine !

  3. Michel Salamolard mar 10 Nov 2015 Répondre

    Cher Monsieur Hébert,
    À mon tour d’être fort heureusement surpris par votre site internet, que je ne connaissais pas et que je trouve passionnant, argumenté, ouvert, profond.
    Que vous ayez recensé mon livre sur le « péché originel » m’honore et me pousse à vous exprimer toute ma reconnaissance.
    Et ce d’autant plus que vous ne vous contentez pas de le recenser, mais vous saisissez l’occasion de poser d’excellentes questions, notamment sur les convergences et divergences entre catholiques et évangéliques sur le sujet, et vous proposez d’en débattre.
    Votre idée de poursuivre avec une série d’article me plaît beaucoup et je me réjouis de les lire.
    Il me semble que, sur un tel sujet, nous parlons finalement de l’universel, même si c’est à partir de nos points de vue propres, lesquels me paraissent d’autant plus proches, et destinés à se rapprocher encore davantage, qu’ils jaillissent de la même source biblique, elle-même témoin de la révélation unique du Dieu unique, qui veut sauver tous les hommes et les rassembler dans son amour.
    Bien cordialement à vous, et à votre équipe, avec mes vifs encouragements et remerciements.

    • Auteur
      Benoit Hébert mar 10 Nov 2015 Répondre

      Un grand merci M. Salamolard pour vos encouragements. Si plusieurs internautes ont l’envie d’acheter votre livre ou s’ils désirent des précisions, ils pourront vous questionner directement sur ce blog :-)

  4. Antoine mar 10 Nov 2015 Répondre

    Bonjour Michel,

    Merci beaucoup pour vos encouragements, et pour nous donner l’occasion de vous poser quelques questions. J’en ai une de longue date au sujet du péché originel.

    Ezéchiel 18 est, il me semble, on ne peut plus clair sur le fait que les enfants n’héritent pas la culpabilité du péché des parents (même s’ils peuvent en souffrir les conséquences, évidemment). On lit en 18.2-4, par exemple, « Pourquoi dites-vous ce proverbe dans le pays d’Israël: Les pères ont mangé des raisins verts, et les dents des enfants en ont été agacées?… l’âme qui pèche, c’est celle qui mourra. »

    Comme je suppose qu’Augustin connaissait Ezéchiel aussi bien que moi (sinon mieux), et qu’il n’était pas idiot, je me dis que la « substantifique moelle » de la doctrine du péché originel doit être plus profonde que cela.

    Pourriez-vous m’éclairer ?

    Un grand merci

  5. Michel Salamolard mar 10 Nov 2015 Répondre

    Bonjour Nicolas,
    Augustin n’a pas écrit de commentaire suivi d’Ezékiel. Dans ses sermons, il a commenté longuement le chapitre 34 (sur les pasteurs) de ce prophète. À ma modeste connaissance, ses adversaires ne lui ont pas fait d’objection à partir d’Ez 18. Mais, si tel avait été le cas, Augustin n’aurait eu aucune peine à répondre ce qui suit. Dans Ez 18, il s’agit évidemment des péchés personnels, pas du tout du « péché originel ». Ce texte dit parfaitement vrai pour la situation de tous les hommes APRES le péché d’Adam. Il ne dit rien, ni pour ni contre, en ce qui concerne le p.o. En quoi Augustin aurait eu parfaitement raison, d’ailleurs. Mais il aurait conclu en disant que, en ce qui concerne le p.o., la Bible nous l’enseigne très clairement en Genèse 2-3 et en Romains 5,12-21. Le premier texte lu comme un reportage historique, le second dans la traduction fautive de la Vulgate latine, dont disposait le grand évêque d’Hippone, connaisseur approximatif du grec, contrairement à certains de ses contemporains latins, parfaitement bilingues. Augustin a gardé un mauvais souvenir de son apprentissage pénible du grec à l’école.

    • Antoine mar 10 Nov 2015 Répondre

      Merci beaucoup !

      Si donc, selon Augustin, un bébé naît pécheur, sans qu’il n’ait encore rien fait, et sans que son péché soit simplement l’héritage de celui d’Adam « à la Ez 18 », quelle est donc la nature de ce péché originel?

      En d’autres termes, quelle est la différence entre la « propagation héréditaire » que mentionne Benoit dans l’article ci-dessus, et la transmission que nie Ez 18 ?

      • Michel Salamolard mar 10 Nov 2015 Répondre

        Ce bébé, selon Augustin, hérite du péché d’Adam, qui voue à la damnation, indépendamment des péchés personnels, impossibles chez un bébé.
        Chez Ezékiel (comme dans toute la Bible lue correctement), le péché originel augustinien est inexistant. Il n’y a que des péchés personnels, ceux que nous commettons tous malgré nos bonnes intentions. Donc, ce que nie Ez, c’est la transmission des péchés personnels. Les fils sont innocents des péchés commis par les pères, même s’ils peuvent en subir certaines conséquences, comme vous l’aviez fait remarquer vous-même, Nicolas. Par exemple, si un père ivrogne ou joueur a perdu sa fortune, les fils n’hériteront évidemment pas.
        À noter aussi que Jésus exclut nettement qu’un malheur, un handicap par exemple, soit forcément la conséquence d’un péché commis par soi-même ou par un ascendant (Jean 9, 1-3, l’aveugle-né).
        (Sauf évidemment si les yeux d’un aveugle on été grevés par ses parents ou par lui-même! Mais cela est du simple bon sens. Pas besoin de révélation pour nous l’apprendre.)

      • terrier mar 27 Juin 2017 Répondre

        La légende de premiers parents,, Adam et Eve, a été copiée sur les anciens textes mésopotamiens ( légende de Gilgamesh). Une légende qui a eu une carrière brillante, puisque installée dans la Genèse, elle a constitué la base de la croyance juive, reprise par l’islam et par la plupart des religions chrétiennes.
        J’admire ceux qui sur la base de cette légende sont capables de bâtir toute une théologie, bien souvent contre toute vraisemblance (ex : toute l’humanité pécheresse).
        Sur cette base initiale se sont greffées d’autres croyances souvent fossilisées en dogmes : Le martyr de Jésus (bien réel) « rachète » les conséquences du péché originel. Comment, pourquoi ? Mais pour être « sauvé » l’homme doit être baptisé. Dans la théologie catholique, le baptême devient un acte magique, puisque le seul fait de l’ondoiement et de la parole (Ego te baptizo…) fabrique un chrétien et le sauve de la faute des premiers parents. « Ex opere operato » (Voir à ce sujet, les épisodes à la fois rocambolesques et lamentables de l’affaire Finaly, ou de la famille Padovani Mortara. Affaires dans laquelle Pie IX s’est montré à la fois d’un fanatisme et d’une bêtise incroyables.)
        On peut aimer les légendes, mais elles ne peuvent servir de base à des spéculations gratuites de l’imagination.

        • Auteur
          Benoit Hébert mer 28 Juin 2017 Répondre

          Bonjour terrier,

          Nous soulignons sur ce site le contexte culturel commun entre les textes de Genèse 1-11 et les textes du Proche Orient Ancien…ceci n’a rien d’étonnant. Est-il vraiment contraire à l’expérience humaine de constater que « toute l’humanité est pécheresse »? Si vous connaissez un homme ou une femme qui n’a jamais menti ou qui ne s’est jamais mis en colère de façon excessive ou injustifiée, je serai ravi de faire sa connaissance ;-) ?

          • terrier mer 28 Juin 2017 Répondre

            Le problème ne se situe pas sur la notion d’un « péché » qui serait commun à toute l’humanité. D’ailleurs il est difficile de définir le « péché ». C’est une notion qui est très relative aux époques et aux cultures. L’A.T. est rempli de massacres tolérés ou ordonnés par Dieu. Les exécutants étaient-ils des pécheurs ?
            Le péché originel est bien défini, dans la croyance et le dogme catholique comme celui du premier homme, Adam. Péché qui a entraîné la déchéance de toute l’humanité, selon une conception de la justice divine qui a de quoi surprendre. On sait maintenant qu’il n’y a pas eu de « premier homme ». Ce que Teilhard de Chardin avait compris au grand dam des théologiens de l’époque. (Je suis loin de partager sa philosophie optimiste, totalement en contradiction avec ce que l’on sait de l’évolution). Il y a quelques semaines seulement, on a découvert au Maroc des homos sapiens qui dateraient de -300.000 ans.
            Alors il y a depuis quelques années, et contrairement aux déclarations pontificales, une tendance théologique à dissoudre le péché originel dans un mystérieux et très flou péché collectif, Adam signifiant « l’homme ».
            A la suite du dogme du péché originel, différents dogmes s’emboitent, un peu comme des poupées russes : le martyr de Jésus permet une « rédemption ». Dieu a donné son fils unique pour nous sauver. Nous sauver de quoi ? Pourquoi fallait-il passer par là, et quels sont les effets positifs de cette « rédemption ». Comme sa mère (Immaculée Conception), Il est « conçu sans péché », c’est-à-dire à la fois sans les effets du péché originel (lesquels ?) est sans acte sexuel, source de péché. Comment était composé le caryotype de Jésus, provenant à la fois des chromosomes de sa mère et des chromosomes de son père… Dieu.
            J’arrête là. Car l’imaginaire de la mythologie fossilisé dans des dogmes, nous entraîne dans une série d’invraisemblances. Les mythes sont tout à fait respectables, car ils fournissent des réponses, certes imaginaires, mais peut-être indispensables à l’équilibre social et psychologique des humains. Le dogme, lui fige le mythe et le rend inadaptable aux variations de la connaissance.

            Encore une chose. Et c’est peut-être le sujet le plus important :

            Chaque religion n’a d’existence que dans la FOI des croyants, une foi qui est généralement balisée par un ensemble de dogmes plus ou moins explicites, plutôt plus dans le catholicisme. Mais la foi de telle religion n’est pas celle d’une autre religion. A un interlocuteur évêque qui me reprochait de ne pas distinguer foi et croyance, je lui répliquai que la foi est une croyance que l’on a fait sienne. Et la croyance c’est la foi des autres que l’on ne partage pas.
            C’est pourquoi le rapprochement entre Science et Foi est inapproprié. Ce sont deux domaines radicalement différents. La science formule des hypothèses toujours basées et confortées – ou non – par l’expérience. Toutes ses conclusions sont révisables. La foi est basé sur un ensemble de croyances construites par l’imaginaire et difficilement, voire impossiblement révisables (dogmes). La science ne se préoccupe pas de croyances. Découvrir les restes d’Adam et Eve ne rentre pas dans ses compétences. Et aucune croyance n’est habilitée à la contredire.

            • Auteur
              Benoit Hébert jeu 29 Juin 2017 Répondre

              Cher M. Terrier,
              un grand merci de partager avec nous vos réflexions.
              C’est vrai que la définition du « péché » n’est pas forcément facile. C’est un terme qui dans la Bible elle même revêt différents sens, comme par exemple celui de « manquer le but ».
              Une définition générale pourrait être : « tout ce qui dans nos vies: actions ou même pensées n’accorde pas à Dieu sa place légitime. »

              Vous aurez remarqué que nous ne sommes pas Catholiques, même si bien entendu nous avons avec eux de nombreux points communs. Nous ne croyons pas plus que vous au dogme « catholique » du péché originel parce que nous ne le pensons pas « biblique ». Nous séparons donc bien notre besoin d’un Sauveur, Jésus-Christ, et de la rédemption. Nous ne croyons pas plus à l' »immaculée conception » puisque nous ne croyons pas au péché originel…ni à une vision « augustinienne » de la sexualité. Votre extrapolation à propos de l’origine des chromosomes de Jésus n’engage que vous :-)

              L’articulation entre foi et science n’est pas évidente, vous trouverez sur notre site des éléments de réflexion qui, je l’espère vous montrerons qu’on peut respecter la valeur de la méthode scientifique tout en ayant la foi au Dieu Créateur. Il est tout à fait vrai que la Bible ne fait pas autorité en matière de paléontologie, cela ne l’empêche pas de nous révéler les plus profondes vérités sur le sens de notre existence.

              J’ai parcouru votre site et l’ai trouvé scientifiquement très bien informé et présenté, même si certains clichés rationalistes s’y sont glissés.

              Au plaisir

              • Manu jeu 29 Juin 2017 Répondre

                Le dogme du péché originel n’est pas propre au catholicisme. Il est fondamental dans le protestantisme originel et jusqu’à maintenant dans sa branche évangélique.

                « La doctrine du péché originel, indispensable à la cohérence de la foi biblique. » C’est ce qu’a écrit la théologienne Lydia Jaeger dans Théologie évangélique (vol. 8, n° 1 & 2, 2009, p. 66), revue de la Faculté Libre de Théologie Évangélique de Vaux-sur-Seine.

                http://flte.fr/wp-content/uploads/2015/08/ThEv2009-12-Theorie_evolution_qq_considerations_apologetiques.pdf

                • Auteur
                  Benoit Hébert jeu 29 Juin 2017

                  Oui Manu, encore faut-il s’entendre sur ce qu’on appelle « doctrine du péché originel ». Il y a eu récemment une discussion informelle sur un groupe privée qui regroupe des théologiens et autres personnes qui réfléchissent à l’apologétique chrétienne contemporaine…chacun avait une conception différente de cette question…Il n’existe pas chez les évangéliques de doctrine uniformisée sur ce sujet, comme sur beaucoup d’autres d’ailleurs. Il est clair que ceux qui adhèrent aux enseignements d’Henri Blocher sur cette question sont très « augustiniens ».
                  J’ai reparcouru l’article mis en lien. Si croire au « péché originel » , c’est croire que Dieu n’est pas à l’origine du mal et que l’homme est responsable de ses actes et de ses choix, j’y adhère absolument.

                  « C’est une originalité du récit biblique des origines de distinguer nettement origine de l’être et origine du mal. Théologi- quement, cette distinction est capitale : comme Dieu est bon, il ne peut créer que ce qui est bon. Le mal ne peut donc surgir que par l’acte historique d’une créature abusant de sa liberté.

            • marc jeu 29 Juin 2017 Répondre

              Bonjour M. Terrier,

              je reviens sur votre affirmation « le rapprochement entre Science et Foi est inapproprié. Ce sont deux domaines radicalement différents. »

              Et si ce n’était qu’une façon de voir les choses ?

              je vous invite à lire cette série tirée de l’ouvrage de Ian Barbour titulaire d’un Ph. D de Physique et théologien, comme quoi l’un n’empêche pas l’autre… ;-)

              http://www.scienceetfoi.com/series/quand-la-science-rencontre-la-religion/

              Et vous verrez qu’il n’y a pas qu’une façon de voir les choses mais au moins 4 et certaines sont beaucoup plus enrichissantes que la rupture que vous nous proposez ici :-D

              • TERRIER René jeu 06 Juil 2017 Répondre

                La relation entre la foi et la science est presque toujours mal posée. Car si la science parvient à une certaine unanimité concernant par exemple l’origine de la vie, c’est que l’expérience des recherches archéologiques, de la biologie permettent d’émettre des hypothèses que des recherches ultérieures confirment ou non.
                Il n’en est pas de même de la foi. Et la raison principale réside dans une réalité qu’un croyant, imprégné du contenu de sa propre foi ne perçoit pas : Il n’y a pas une foi, qui serait ici la foi chrétienne, mais plusieurs fois. Si l’on veut rapprocher la foi de la science, quelle foi allons-nous choisir ? Celle de la Grèce ancienne, avec ses différents dieux gouvernés par Jupiter ? Celle de la religion Hindoue, où Brahma est le créateur, Vishnou le protecteur et Shiva le destructeur. Pour s’en tenir à la religion hindoue, faut-il rechercher une relation entre les connaissances – limitées, répétons le – que nous apportent la science et les différentes réincarnations de Vishnou. Faut-il prendre en compte les différentes divinités et leur rôle dans l’univers ? Pourquoi privilégier les croyances des trois religions monothéistes inspirées d’une légende sumérienne plutôt que celles d’autres religions ?
                L’opposition entre science et foi, si elle existe, se situe du côté de la croyance, pas du côté de la science, dont l’objet n’est pas de confirmer ou d’infirmer les affirmations de la croyance. Bien que la science n’ait pas pour objet de contredire ou de confirmer les croyances, elle a indirectement un effet d’obsolescence sur les croyances. Ainsi, plus personne ne croit que la foudre soit une manifestation de Zeus. Ou encore que l’humanité soit née d’un seul homme et d’une seule femme à l’instant « t », l’instant de la « création » par le dieu de la Genèse. Quant au « péché originel » ….
                Si l’on pose – a priori – que Dieu, ou les dieux, ou quelque autre démiurge gère l’évolution de l’univers, il s’agira pour le croyant, bien sûr, de repérer les traces de son action dans ce que l’on connait maintenant de l’histoire de l’univers, de la vie, de l’homme. Et d’établir des concordances entre ces connaissances et les énoncés de la foi (plus ou moins revisitée). Et c’est là que commencent les difficultés. Le champion du genre est Harun Yahya, prédicateur islamiste turc, pour lequel le Coran annonce la plupart des connaissances scientifiques actuelles.
                Si on examine ce que l’on sait actuellement de l’évolution et de l’histoire de l’humanité, il sera difficile de repérer le dessein de quelque créateur : les 6 extensions massives de la vie, les multiples espèces humaines (au moins 7, et d’autres découvertes sont possibles) contemporaines ou antérieures à l’apparition de notre espèce homo sapiens, les guerres. Plus les catastrophes naturelles, tsunamis, avalanches, tremblements de terre, etc.
                Celui qui a la foi de sa religion a toujours tendance a faire l’impasse sur les incohérences et les malheurs de la vie, pour n’attribuer à la divinité que ce qui lui est favorable. C’est particulièrement flagrant chez les musulmans. Toute une population est dévastée par une catastrophe naturelle, un bombardement, un massacre. Celui qui en réchappe dira : « grâce à Dieu, je suis encore vivant ». Il ne se pose pas la question de savoir si Dieu est concerné par la catastrophe, le bombardement, le massacre, et pourquoi lui serait un privilégié parmi les nombreuses victimes.
                Certains croyants courtisent la science pour s’en faire une alliée. Mais sauf exceptions rares, les scientifiques courtisés n’y accordent aucune attention. Pas par mépris. Simplement parce que çà ne les concerne pas.

                • Michel Salamolard ven 07 Juil 2017

                  Merci René Terrier de vos remarques très pertinentes pour la plupart! Permettez-moi de les nuancer (non de les rejeter) sur deux points. Vous me direz peut-être ce que vous en pensez.
                  1. « Celui qui a la foi de sa religion a toujours tendance a faire l’impasse sur les incohérences et les malheurs de la vie, pour n’attribuer à la divinité que ce qui lui est favorable. » C’est ce que vous dites. Mais la révélation judéo-chrétienne contredit totalement cela. Il suffit de lire le livre de Job pour s’en convaincre, de même que Qohélet ou p.ex. Esaïe 45,7. Aucune tradition religieuse n’a eu cette audace, qui va bien au-delà des positions d’un Camus. Dans le Nouveau Testament, c’est encore plus radical, avec la crucifixion de Jésus. « Mon Dieu, pour quoi m’as-tu abandonné? » Rien n’est plus « défavorable à la divinité » imaginaire qui hante nos fantasmes.
                  2. « Certains croyants courtisent la science pour s’en faire une alliée. Mais sauf exceptions rares, les scientifiques courtisés n’y accordent aucune attention. » Il semble bien, aujourd’hui, que beaucoup de scientifiques courtisent les croyances, surtout en ce qui concerne la définition du réel, les origines (pas les commencements) de ce dernier. Parvenus aux frontières de leur science, ces scientifiques deviennent philosophes. Que ce soit pour poser l’hypothèse d’un « réel voilé » (d’Espagnat), dont on se demande quelle est la nature, que ce soit pour imaginer un « réel mathématique » ou quelque autre réalité « platonicienne » et immatérielle, ou encore pour rejoindre les visions asiatiques d’une réalité, perçue par nos sens et étudiée par nos sciences, qui ne serait qu’illusion. La grande majorité des savants, me semble-t-il, se font aujourd’hui philosophes et se contentent d’émettre, en tant que philosophes, de simples opinions, auxquelles leurs compétences scientifiques ne fournissent aucun fondement. L’existence de Dieu ne fait pas l’objet, la plupart du temps, d’une réflexion rigoureuse et raisonnée, mais simplement d’une affirmation dogmatique et subjective, qui l’admet ou qui le rejette.
                  Le plus étonnant est que ceux-là même qui nient par principe l’existence de Dieu sont les premiers à s’en prendre à Lui parce qu’il « permettait » l’existence du mal. Tout cela est assez curieux et mériterait une discussion plus sérieuse.

                • him sam 15 Juil 2017

                  Bonjour Michel Salomard. J’aimerais réagir à cette affirmation « ceux-là même qui nient par principe l’existence de Dieu sont les premiers à s’en prendre à Lui parce qu’il « permettait » l’existence du mal ». Je crois plutôt que la démarche est de se placer (sans a priori) dans l’hypothèse de l’existence d’un Dieu omniscient et omnipotent qui a la volonté d’avoir une relation privilégiée avec nous et d’évaluer les conséquences de l’existence du mal.
                  Le plus grand mal dont l’humanité a eu à souffrir et souffre encore n’est ni les serial killers, ni les tremblements de terre, ni même les guerres, mais les maladies (il suffit de consulter les statistiques des causes de mortalité pour s’en convaincre). Le créateur de toute chose ayant été très imaginatif dans le domaine avec notamment : la typhoïde, la variole, la lèpre, la peste, la rage etc avec pour conséquence jusqu’au 18 ieme siècle d’emporter un enfant sur quatre avant l’age de 1 an et un sur 2 avant l’age de 15 ans. Encore maintenant la malaria (bien que l’on soit capable de la soigner) emporte 500000 âmes par an, de préférence avant l’age de 5 an. L’étonnant est surtout que l’inspirateur de la bible ne nous ait pas aiguillés vers notre mission d’alléger la souffrance humaine par la mise en œuvre de la démarche scientifique pour combattre les maladies mais nous ait plutôt fourvoyés avec des méthodes du genre « imposition du mains par les anciens de l’église » qui est d’une efficacité plus que douteuse.
                  La rage est en sujet de réflexion intéressant. Une fois déclarée elle est à quasiment 100 % mortelle. Avec une mort dans d’atroces souffrances jusqu’à la découverte de la morphine. Admettons que Dieu n’ai pas pu faire autrement que de « permettre ? » à la rage d’exister, ne pouvait il nous aiguiller vers l’existence d’un moyen de soulager la douleur ?

    • Antoine mer 11 Nov 2015 Répondre

      Cher Michel,

      Ne parlant pas Latin, comment puis-je me rendre compte de la « traduction fautive de la Vulgate latine » de Ro 5? Auriez-vous un ouvrage à me conseiller sur le sujet?

      • Michel Salamolard mer 11 Nov 2015 Répondre

        Pour se rendre compte de cela, Antoine, il faut non seulement comprendre un peu de latin, mais aussi un peu de grec ancien, la langue originale du Nouveau Testament, afin de comparer les deux.
        Tel n’est pas le cas de l’immense majorité des chrétiens, quelle que soit leur confession.
        Heureusement, il existe deux « raccourcis » accessibles à tous.
        (1) Faites confiances à une bonne et récente traduction en français. Les éditeurs ont résolu pour vous les questions techniques de vocabulaire, de grammaire et de sens. En note, dans leurs éditions complètes, dites de travail, ils vous donnent de précieuses indications. En français, je recommande spécialement la TOB (Traduction œcuménique de la Bible, dernière édition) et la Nouvelle Bible de Segond (dernière édition).
        (2) Si vous voulez aller plus loin, notamment dans la comparaison du grec et du latin et des différentes traductions, il vous faut consulter l’un ou l’autre parmi les meilleurs commentaires récents de la Lettre aux Romains. Il existe sans doute dans votre région un service biblique (catholique ou protestant) qui peut vous renseigner et une bibliothèque en mesure de vous fournir les ouvrages à consulter.
        Permettez-moi de vous féliciter de votre envie de savoir et de comprendre, afin que votre foi soit en harmonie avec votre intelligence!

        • Auteur
          Benoit Hébert mer 11 Nov 2015 Répondre

          Merci Michel. J’apprécie aussi bcp la version TOB !

          Nous évoquerons dans un prochain article l’erreur de traduction dans Ro5 sur laquelle Augustin s’est basé et dont vous faites mention dans votre livre…

        • Antoine mer 11 Nov 2015 Répondre

          Parfait, en route pour la TOB !
          Auriez-vous en tête une traduction française (ou anglaise, ou espagnole, mais hélas pour moi, ni latine ni grec) qui reproduise l’erreur de la Vulgate sur Ro 5 ?

          • Michel Salamolard jeu 12 Nov 2015 Répondre

            Par exemple, la bien connue Bible dite de Sacy, plusieurs fois rééditée depuis le 17ème s., traduit ainsi Rm 5,12:
            12 C’est pourquoi, comme le péché est entré dans le monde par un seul homme, et la mort par le péché ; et qu’ainsi la mort est passée dans tous les hommes, TOUS AYANT PÉCHÉ DANS UN SEUL.
            C’est la traduction quasi littérale du latin (in quo omnes peccaverunt = dans lequel [Adam] tous ont péché).
            Pour trouver cette Bible sur le net, suivre ce lien:
            https://fr.wikisource.org/wiki/Bible_Sacy

  6. Auteur
    Benoit Hébert mar 10 Nov 2015 Répondre

    J’aurai moi aussi quelques questions à vous poser à propos du livre, cher Michel Salamolard. Je les poserai au fur et à mesure du développement de la discussion et des différents thèmes abordés.

  7. Marc mar 10 Nov 2015 Répondre

    Moi aussi j’ai une question :

    Pourquoi Antoine a-t-il été rebaptisé Nicolas ?? :-D

    Sinon plus sérieusement, dans la même veine qu’EZ 18, nous avons aussi DE 24:16 « Les pères ne seront pas mis à mort pour les fils, les fils ne seront pas mis à mort pour les pères ; chacun sera mis à mort pour son propre péché. »

    Cela ne sonne-t-il pas comme un principe théologique que l’on pourrait également appliquer à l’aube de l’humanité et qui contredirait en qq sorte une lecture historisante de Gen 3 au profit d’une lecture plus existentielle, celle de la condition de tous les humains devant le bien et le mal ?

  8. Michel Salamolard mar 10 Nov 2015 Répondre

    Je demande pardon à Antoine, de l’avoir confondu avec un Nicolas, dont je ne sais d’où il est venu dans mon esprit.
    Merci à Marc d’avoir signalé l’erreur.
    Cela dit, cher Marc, j’aime bien votre interprétation de Dt 24,16, qui va dans le même sens que celle d’Antoine à propos d’Ez 18.
    Comment ne pas ajouter, cependant, que toutes ces belles intuitions de l’Ancien Testament trouvent leur vérité, de façon inattendue, dans le mystère pascal, où le Fils donne sa vie pour le salut de tous?
    Si cela vous désarçonne, c’est bon signe. Signe que c’est divin.

    • Antoine mer 11 Nov 2015 Répondre

      Aucun problème Michel, “Nicolas” n’a rien d’infamant -:)

      En fait, j’essaye de comprendre ce qui a dû se passer dans la tête d’Augustin.
      Plusieurs options :

      1/ En dépit de Ez 18 et De 24, il pensait (pour je ne sais quelle raison) que les fils héritent de la culpabilité personnelle. Nous sommes donc tous coupables à cause d’Adam.

      2/ Conformément à Ez 18 et De 24, il savait bien que les fils n’héritent la culpabilité personnelle. Mais Ro 5 lui a fait dire que nous naissons coupable d’un « péché originel ». Comme cette faute, dans le cas d’un nouveau-né, ne peut être ni par action, omission, pensée, etc. il n’a pas cherché à cerner plus avant la nature de ce péché originel. On pourrait paraphraser cette option ainsi: « Je sais que nous naissons coupable, car Ro 5 me le dit, mais je ne sais pas comment ».

      3/ Derniere option : pareil que ci-dessus, sauf qu’il s’est donné beaucoup de mal pour déterminer la nature de ce péché originel. Si tel est le cas, quelles furent ses conclusions ?

      Merci pour toutes vos réponses ! En espérant vous renvoyer l’ascenseur à l’occasion -:)

      • Auteur
        Benoit Hébert mer 11 Nov 2015 Répondre

        Bonjour Antoine,

        Nous aborderons un peu cette question dans la discussion je pense. M.S. en parle dans son livre en évoquant les « jalons d’une longue histoire avant Vatican 2 ». Il montre d’une part que la tradition orientale, les Pères grecs et d’autres comme Irénée pouvaient avoir une vision différente de celle d’Augustin sur cette question, mais aussi qu’Augustin « n’a pas fabriqué la doctrine systématique du péché originel de toute pièce », évoquant Tertullien, le rôle de la conception virginale de Jésus et celui du baptême des enfants, ainsi que l’histoire personnelle d’Augustin et ses traits de personnalité…

      • Michel Salamolard mer 11 Nov 2015 Répondre

        C’est votre option 2, Antoine, qui me paraît la plus applicable à Augustin. Sauf qu’il s’efforce tout de même de la rendre raisonnable et crédible (Augustin ne se contente pas d’une foi du charbonnier, il veut comprendre et faire comprendre). Donc, à partir de Ro 5,12 (mal traduit), qui semble affirmer que « tous ont péché en Adam », Augustin considère que toute l’humanité est en quelque sorte présente en Adam. Elle fait corps avec lui. Adam et tous ses descendants sont une même « masse ». Donc, tous tombent en totale disgrâce, en même temps. Dès lors, l’humanité entière est une « masse de boue », vouée à la damnation, à moins que le Christ, par le moyen du baptême, n’en sauve un certain nombre.
        Quelques siècles plus tard, Thomas d’Aquin fait apparaître, sans le vouloir, un paradoxe surprenant de la théorie augustinienne. La faute personnelle d’Adam, qui s’est repenti, est pardonnée, mais ce pardon ne se transmet pas à ses descendants! Autrement dit, le grand coupable est gracié, tandis que tous les innocents sont condamnés.
        Ahurissante transmission du mal sans transmission du bien!
        Le repentir et le pardon d’Adam sont tirés d’un récit apocryphe (La Vie grecque d’Adam et Eve), de date incertaine, mais très ancienne (1er siècle?). Le salut d’Adam et Eve, figures de l’homme et de la femme en général, est aussi représenté dans l’icône dite de la Résurrection, ou de la Descente aux enfers.
        On voit ainsi les fils très embrouillés de ce nœud gordien qu’est le p.o. dans la théologie de l’Eglise latine…

        • Antoine mer 11 Nov 2015 Répondre

          Merci beaucoup Michel,

          Et où situriez-vous l’Eglise Catholique parmi les 3 options? En 2, comme Augustin?

          • Michel Salamolard mer 11 Nov 2015 Répondre

            Oui, Antoine, en 2. L’Eglise catholique a suivi Augustin, mais heureusement en traînant quelque peu les pieds, sans jamais accepter toute la théorie d’Augustin. Aujourd’hui, la doctrine du p.o., dans l’Eglise romaine, semble de plus en plus problématique, fantomatique, prête à être abandonnée. C’est du moins ce que j’espère et que j’ai tenté de montrer dans mon essai.

            • Antoine mer 11 Nov 2015 Répondre

              L’Eglise Catholique n’est-elle pas en la matière coincée pas l’infaillibilité Papale? Si je me déclare infaillible, comment puis-je revenir sur ma doctrine par la suite ?

              • Michel Salamolard mer 11 Nov 2015 Répondre

                Il n’existe aucune déclaration papale infaillible, au sens catholique, sur le p.o. Depuis Vatican II, notre magistère est plus que discret sur la question. Benoît XVI a publié des documents très importants sur le salut, sur l’espérance chrétienne sans faire la moindre allusion au p.o. Dans une de ses catéchèse, il propose un interprétation fine et nuancée de Rm 5,12-21. Donc rien ne s’oppose, au contraire, à un nouvel examen de la doctrine héritée d’Augustin. L’Eglise catholique vient d’ailleurs de réviser fondamentalement une opinion théologique, très liées au p.o., concernant le salut plénier des petits enfants morts sans baptême. Ils ne sont plus situés aux « limbes », privés de la « vision béatifique », mais au Ciel.

                • Antoine mer 11 Nov 2015

                  Merci Michel, c’est très instructif !

  9. marc mer 11 Nov 2015 Répondre

    Michel, votre livre existe-il au format numérique (pour liseuse électronique) qq part ?

    • Michel Salamolard mer 11 Nov 2015 Répondre

      Je vais poser la question à l’éditeur.

      • Michel Salamolard jeu 12 Nov 2015 Répondre

        L’éditeur n’envisage pas, pour l’instant en tout cas, une édition numérique, l’avenir de l’ebook lui paraissant trop incertain.

  10. Manu mer 11 Nov 2015 Répondre

    Les évangéliques considèrent-ils que les nouvelles connaissances scientifiques, historiques et bibliques devraient influencer leur théologie en la matière ?
    J’espère que oui. Sinon cela voudrait dire que la théologie est la seule discipline qui n’a pas besoin de tenir compte des autres disciplines.
    Si tous les théologiens avaient l’humilité d’écouter les scientifiques, notamment les généticiens… Comme l’a dit le biologiste suédois Svante Pääbo, « la force de la génétique, c’est que les données nous obligent à revoir nos théories. » J’ajoute : y compris la théorie du péché originel.

  11. marc jeu 12 Nov 2015 Répondre

    Bonne remarque Manu, mais comme lecteur avisé de ce blog, tu auras certainement remarqué que pour certains croyants évangéliques (et pas que je pense) foi et théologie ne semblent faire qu’un et comme la foi est immuable (donnée une fois pour toute) leur théologie aussi !…

    Rien que le fait de se poser la question sur les fondements de ses croyances plutôt que de tout attribuer à une révélation directe est déjà un ENORME pas à franchir pour beaucoup.

  12. Caméra Georges jeu 20 Oct 2016 Répondre

    Bonjour, je suis croyant et Dieu m’ayant doté de l’Esprit, j’essaie de raisonner. Cette histoire de péché originel ne tient pas debout ; ou il s’agit d’un symbole ou c’est une vérité établie et alors nous devons tout avaler le fruit, le serpent et cette terrible malédiction qui pèse sur l’Humanité. Les conclusions de l’apôtre Paul étaient peut-être valables à son époque, mais Paul n’est qu’un homme et même inspiré par Dieu ses vues ne me semblent plus en accord avec une vision scientifique qui est la nôtre. Nous sommes tous des pécheurs en puissance, bien d’accord. Mais Jésus mort pour nos fautes, non ! Je ne peux plus avaler les lamentations cléricales que j’entends le dimanche sur un Dieu sacrifiant son fils etc. Je pense que Jésus est mort pour affronter l’épreuve de la mort à laquelle tous les hommes sont voués. Dieu s’est fait homme pour connaître l’homme, cet homme qui reste le système vivant le plus complexe du cosmos.
    Georges

    • Auteur
      Benoit Hébert jeu 20 Oct 2016 Répondre

      Cher Georges
      La réflexion développée sur ce blog cherche un équilibre entre la contextualisation des textes bibliques, l’apport réel des sciences dans notre manière de comprendre la Bible, mais aussi la reconnaissance de l’inspiration du texte par le Saint Esprit. Les interprétations concernant le sacrifice du Christ sont nombreuses ( substitution pénale, satisfaction divine…).La Bible m’affirme que Jésus est « mort pour mes péchés », je n’ai aucune raison de croire le contraire…

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