Discussion à propos de « De la génétique à Dieu » de Francis Collins- Partie 2a

Posté par Marc Fiquet

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 Introduction (Benoît Hébert)

Nous collaborons depuis plusieurs années avec la fondation BioLogos, fondée par Francis Collins, dans le but de montrer à l’église et à chacun que le christianisme évangélique est tout à fait compatible avec les découvertes de la science moderne, et des sciences de l’évolution en particulier.

Merci à Marc Fiquet d’avoir pris l’initiative de résumer pour nous cet ouvrage!! Marc est un chrétien engagé, lecteur assidu de ce blog et désireux de contribuer positivement à l’émergence d’une génération témoignant de l’harmonie possible entre la Science et la Foi.

 

Discussion à propos de « De la génétique à Dieu » de Francis Collins, par Marc Fiquet (2a/4)

Suite de l’article : http://www.scienceetfoi.com/discussion-a-propos-de-de-la-genetique-a-dieu-de-francis-collins-par-marc-fiquet/

Dans cette deuxième partie, Francis Collins aborde « LES GRANDES QUESTIONS DE L’EXISTENCE HUMAINE« , à savoir : les origines de l’univers, de la vie sur Terre et le génome humain.

les origines de l’univers

Partant du constat que l’homme au travers des siècles n’a eu de cesse de démontrer sa fascination du fonctionnement de l’univers et de ses origines au travers des religions ou de la philosophie, l’auteur en vient à cette question :

 serait-il envisageable que la science et la foi puissent cohabiter harmonieusement lorsque nous soulevons la très importante question des origines de l’univers ?

Pour répondre à cette question, il faudra d’abord revenir sur ce qu’est la démarche scientifique qui consiste à émettre des hypothèses et à les vérifier à travers différentes expérimentations. Ainsi, la science avance à tâtons, corrigeant ou affinant ses modèles de représentation du monde. Une des difficultés pour la foi est de s’ouvrir aux nouvelles pistes empruntées par la science alors qu’elle aurait intégré et figé une vision ancienne des choses à son système de croyance.

Des découvertes d’Einstein, en passant par le principe d’incertitude d’Heisenberg (le fait qu’il soit impossible de connaître à la fois la vitesse et la position d’une particule !…) nous remarquons combien notre conception de l’univers a été bouleversée et particulièrement encore davantage au cours de ces 70 dernières années, concernant son origine.  Evoquant la théorie des quanta et le monde des particules,  l’auteur en conclut que

ces nouveaux concepts présentent un défi majeur à ceux postulant que le matérialisme devrait l’emporter sur le théisme sous prétexte que le premier serait plus simple et intuitif. »
Le principe du « rasoir d’Occam » qui suggère que la meilleure explication à tout problème donné est généralement la plus simple, paraît aujourd’hui  avoir été reléguée aux oubliettes par les modèles étranges de la physique quantique.

S’en suit un bref descriptif de la théorie du big bang accompagné de son lot de questions scientifiques et théologiques, et pour Francis Collins

Les récentes découvertes portant sur l’origine de l’univers sont propices à inspirer une appréciation mutuelle entre théologiens et scientifiques.

Avant de conclure :

 Je ne vois pas comment la nature aurait pu s’autocréer. Seule une force surnaturelle se trouvant à l’extérieur de l’espace et du temps aurait été apte à la façonner.

Nous abordons ensuite la formation de notre système solaire et de la terre :

 Toutes les différentes étapes de la formation de notre système solaire sont désormais parfaitement retracées et peu susceptibles d’être révisées. Presque tous les atomes de votre corps ont un jour cuit dans la chaudière nucléaire d’une ancienne supernova – vous êtes réellement faits de poussière d’étoile

En soulignant la complexité et la fragilité du processus conduisant à la vie, la question « obsessionnelle » d’une vie extraterrestre est posée. Sans chercher à démontrer  quoique ce soit, l’auteur se contente de préciser que ces questions ne devraient pas troubler ni invalider quelconque théologie.

Il s’attardera davantage sur le principe anthropique :

Ce principe émet l’idée que notre univers ne serait finement ajusté que dans le but de donner naissance aux hommes.
Les observations laissent en effet perplexe ou admiratif devant l’infinitésimale chance qu’avait la vie d’émerger dans les conditions que nous connaissons :

  • Sans la très légère dissymétrie entre matière et antimatière créées aux tous premiers instants de l’univers, « l’univers se serait rapidement transformé en radiation pure, et les gens, les planètes, les étoiles et les galaxies n’en seraient jamais venus à exister.« 
  • Comme le souligne Hawking : « si le taux d’expansion, une seconde après le big bang, avait été plus faible, ne serait-ce que d’1/ 100 000 million de millionième, l’univers se serait effondré avant d’atteindre sa taille actuelle » – l’existence d’un univers tel que le nôtre tient donc à un fil.
  • L’ajustement des forces nucléaire régissant les atomes permet également de constater la très faible probabilité pour que les atomes de carbone puissent être formés au sein des étoiles, et sans eux toute forme de vie semblable à la nôtre s’avère impossible !

15 constantes physiques ont été recensées dont les valeurs  exigent une extrême précision pour permettre l’émergence de la vie.

Les 3 réponses habituelles qui sont faites au principe anthropique sont :

1. L’hypothèse des multivers.
Nous habitons un univers parmi une infinité d’autres, et c’est celui là qui recèle les bons réglages des constantes pour que nous puissions apparaitre.

2. Il n’y a qu’un seul univers, le nôtre – fruit du hasard
Et c’est par un extraordinaire coup de chance que les constantes physiques sont compatibles  avec l’émergence d’une vie intelligente.

3. Il n’y a qu’un seul univers, le nôtre – créé
L’ajustement fin des constantes physiques ne procède pas du hasard mais de la volonté et « de l’action de Celui ayant créé l’univers en premier lieu. »

Pour faire son Choix parmi ces trois scenarios, Francis Collins rappelle que de nombreux scientifiques mêmes athées comme Hawking reconnaissent souvent la dimension théologique de cette question.
Puis il s’engage dans une réflexion :

le point 2 est disqualifié par sa trop faible probabilité, il faut trancher entre 1 et 3.
Dans une démarche de logique rationnelle pure, la solution 1 semble se détacher mais « elle ne remplit aucunement les conditions du Rasoir d’Occam » (si chères à la logique).
Pour le point 3, l’acceptation d’un être surnaturel ne posera guère plus de problème à admettre qu’il soit également à l’origine du réglage fin des paramètres de l’univers.

Mais la prudence de Collins s’affiche encore dans sa conclusion :

aucune observation scientifique  ne peut fournir une preuve absolue de l’existence de Dieu. Toute personne disposée à envisager une perspective théiste de l’Univers pourra toutefois voir le principe anthropique comme un argument intéressant en ce qu’il favorise l’idée d’un créateur

 Concernant  l’hypothèse de Dieu dans le cadre de la cosmologie,  Il résume le raisonnement théiste suivant :

Si Dieu existe, il est alors surnaturel.
S’il est surnaturel, il n’est alors pas limité par les lois de la nature.
S’il n’est pas limité par les lois de la nature, il n’y a aucune raison qu’il soit limité par le temps.
S’il n’est pas limité par le temps, alors il se trouve dans le passé, dans le présent et dans le futur.

Toujours en recherche d’une vision cohérente (physique et spirituelle) du monde, et devant les excès des interprétations littérales de la Genèse, il conclura son chapitre par cet avertissement de Saint-Augustin sur les dangers de « transformer les textes bibliques en traités scientifiques irrévocables » :

 À l’égard des choses extrêmement obscures et se trouvant bien au-delà de notre vision, nous trouvons dans l’Ecriture sainte des passages pouvant être interprétés de manière très différente, et ce, sans que cela porte préjudice à la foi dont nous avons hérité. Dans de tels cas, nous ne devrions pas nous précipiter tête baissée à prendre si fermement position pour l’un des points de vue qui, s’il était amené à être sapé (à juste titre) par de nouveaux progrès réalisés dans la recherche de la vérité, nous entraînerait dans sa chute.

(Saint-Augustin de la genèse au sens littéral)

 


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9 Commentaires

  1. Yogi mar 26 Juin 2012 Répondre

    Je ne sais pas de quand date le livre de Collins, car les réfutations de tous ces arguments me paraissent pourtant bien connues. Pour en reprendre les principaux :

    ces nouveaux concepts présentent un défi majeur à ceux postulant que le matérialisme devrait l’emporter sur le théisme sous prétexte que le premier serait plus simple et intuitif. Le principe du « rasoir d’Occam » qui suggère que la meilleure explication à tout problème donné est généralement la plus simple, paraît aujourd’hui avoir été reléguée aux oubliettes par les modèles étranges de la physique quantique.

    Personne ne soutient que « être simple et intuitif » serait gage d’une quelconque validité. Notre psychisme s’est formé pour la survie dans la savane et la gestion d’objets et d’êtres à l’échelle humaine, il n’y a aucune raison qu’il soit prédisposé à percevoir facilement les structures de la matière ou de l’univers. D’ailleurs le « rasoir d’Occam » est un principe d’économie et nullement de compréhensibilité. Et pour chercher à l’appliquer encore faut-il que l’hypothèse qui lui est soumise, avant même d’être « économe », soit tout d’abord explicative.

    Ainsi la mécanique quantique ne le contredit nullement puisque nous n’avons pas aujourd’hui de théorie explicative qui couvre l’ensemble des phénomènes observés et qui soit plus économe de moyens que le « modèle standard ». Il n’est pas impossible qu’une telle théorie apparaisse un jour et alors en effet, entre une théorie des cordes à 25 dimensions ou une à 11 dimensions, si elles ont le même pouvoir explicatif, Occam nous poussera à privilégier celle à 11 dimensions.

    Je ne vois pas comment la nature aurait pu s’autocréer. Seule une force surnaturelle se trouvant à l’extérieur de l’espace et du temps aurait été apte à la façonner.

    Ce qui ne fait que reporter le problème d’un cran : Dieu s’est-il autocréé ? Et s’il existe ainsi une entité capable de s’autocréer, pourquoi pas l’univers ?

    1. L’hypothèse des multivers. Nous habitons un univers parmi une infinité d’autres, et c’est celui là qui recèle les bons réglages des constantes pour que nous puissions apparaitre.

    Infinité d’univers qui peuvent être successifs dans l’hypothèse d’un seul univers cyclique. Ce scénario n’est plus alors disqualifié pour sa soi-disant « contradiction avec le rasoir d’Occam » (ce qui était d’ailleurs un argument sans valeur).

    2. Il n’y a qu’un seul univers, le nôtre – fruit du hasard, et c’est par un extraordinaire coup de chance que les constantes physiques sont compatibles avec l’émergence d’une vie intelligente.

    Ou alors ces constantes physiques sont liées entre elles par une loi d’ordre supérieur que nous ne connaissons pas encore. Peut-être dépendent-elles toutes de la valeur d’un ou deux paramètres. Ce scénario n’est plus alors disqualifié pour sa « trop faible probabilité ».

    3. Il n’y a qu’un seul univers, le nôtre – créé. L’ajustement fin des constantes physiques ne procède pas du hasard mais de la volonté et de l’action de Celui ayant créé l’univers en premier lieu.

    Même problème que plus haut : qui a créé Dieu en premier lieu ?

    aucune observation scientifique  ne peut fournir une preuve absolue de l’existence de Dieu. Toute personne disposée à envisager une perspective théiste de l’Univers pourra toutefois voir le principe anthropique comme un argument intéressant en ce qu’il favorise l’idée d’un créateur.

    Dieu n’est pas prouvable parce que les croyants « l’exfiltrent » en changeant ses attributs dès que ceux-ci deviennent à portée de la science. Dans les « preuves » successives il a fallu ainsi renoncer au géocentrisme, au créationnisme, à l’existence d’Adam, à l’efficacité des prières, etc …

    Si d’aventure les croyants se mettaient d’accord sur le moindre effet, aussi ténu et indirect soit-il, de Dieu sur l’être humain ou sur quoi que ce soit de perceptible, son absence pourrait alors être prouvée. Mais ils procèdent à son évacuation au fur et à mesure que la raison et la science avancent.

  2. gakari1 mar 26 Juin 2012 Répondre

    Bonjour Yogi,
    Concernant votre deuxième remarque, y-a-t’il aujourd’hui des preuves scientifiques qui valideraient un univers éternel ou qui pourrait s’autocreer ?

    Yannick

  3. Yogi mar 26 Juin 2012 Répondre

    Bonjour Yannick,
    Des « preuves » on en est pas là mais certaines mesures récentes font pencher vers l’hypothèse d’une apparition spontanée d’univers (ou au moins du notre) à partir de fluctuations du vide quantique.

    En effet le principe d’incertitude de la mécanique quantique veut que le « vide » n’est jamais vide : il est simplement un état de probabilité, très basse mais qui ne peut être nulle, de la présence de particules. Le vide quantique n’est jamais au repos, il « oscille » en permanence entre la présence et l’absence de particules. Au niveau quantique quand il n’y a « rien » (c’est à dire uniquement un champ quantique) il apparaît forcément « quelque chose » (c’est à dire de la matière).

    Si l’on applique ces lois aux tous premiers instants de l’univers, quand il était à une échelle effectivement quantique, on obtient un surgissement spontané et pour ainsi dire obligatoire de l’univers à partir du vide. Cette hypothèse a commencé à être formulée à la fin des années 70.

    Et voilà que l’accélération de l’expansion de l’univers est découverte en 1998 (Prix Nobel 2011), et ses premières mesures laisse penser qu’elle serait exactement égale (et de sens contraire) à la force de gravitation de l’univers. Energie totale zéro : c’est ce à quoi on peut s’attendre dans le cas d’un univers strictement surgi du vide, et strictement équivalent au vide.

  4. gakari1 mer 27 Juin 2012 Répondre

    Le fond diffus cosmologique est donc une image fossile de ces fluctuations, si j’ai bien compris la logique.
    Il n’y a donc rien, si ce n’est des fluctuations quantiques à l’instant zéro et ce qui est formidable est que c’est justement parce qu’il n’y avait rien, qu’il y a quelque chose aujourd’hui.
    Je comprends mieux cette volonté de vouloir à tout prix écarter l’idée d’un Être supérieur de tout cela :
    Cela veut dire pas de matière donc pas besoin de créateur donc pas de créateur.

    Je sais que ce qui se dit est : « Prouvez-moi qu’il y a un Dieu, ce n’est pas à moi de vous prouver qu’il n’y en a pas. »
    Mais pour ma part, si je fais abstraction de toute expérience spirituelle, ou de toute étude religieuse (même si cela est impossible ds l’absolu) ce modèle de fluctuation quantique n’exclut pas qu’il y ait un Régisseur.
    Vous direz : « Dans ce cas, qu’est-ce qu’il prouve qu’il n’y ait pas un régisseur du régisseur, et ainsi de suite », ça j’ai bien compris, mais tout ceci reste de l’ordre de l’hypothèse et fait parti des probabilités, même si elles sont minimes.

    Yannick

  5. Yogi mer 27 Juin 2012 Répondre

    @ Yannick :
    « Le fond diffus cosmologique est donc une image fossile de ces fluctuations » : pas tout à fait. Le fond diffus cosmologique est l’image de la répartition de la matière au moment où la lumière a pu commencer à circuler dans l’univers, environ 380 000 ans après le Big Bang.
    La fluctuation du vide quantique c’est en quelque sorte le Big Bang lui-même, et se situe à l’instant zéro. La « fluctuation » dont il est question est une fluctuation probabiliste, pas une fluctuation spatiale.

    La « volonté à tout prix », c’est plutôt celle des croyants de mettre un Être supérieur derrière tout phénomène pas encore élucidé, comme aujourd’hui derrière l’apparition de la vie, ou jadis derrière la foudre et les tempêtes.

    Ce qui me trouble c’est que d’une part cette propension s’explique très bien par la simple psychologie, mais de plus qu’elle prétend justifier un phénomène obscur X par un phénomène Y plus obscur encore et surtout incohérent avec le reste de notre connaissance scientifique du monde. Cela me paraît plutôt un « joker mental » qui bloque le questionnement au lieu d’y répondre.

    Ceci dit en effet on peut toujours imaginer un Régisseur vivant dans un univers disjoint du notre, le manipulant de l’extérieur et jouant à cache-cache avec nous. L’imagination humaine a peu de limites, surtout si elle n’est pas contrainte par la charge de la preuve ni par le moindre rapport avec la réalité observable.

  6. gakari1 mer 27 Juin 2012 Répondre

    :-)
    Merci pour les précisions.
    En effet, l’utilisation du « dieu bouche-trou » est une dérive, un piège ds lequel il faut faire attention de ne pas tomber, parmi tant d’autres.
    Il est possible que nous irions plus vite et mieux si nous nous dégagions de toute superstition, même si celle-ci peut être une aide pour certains ou pour une communauté.
    Bien sûr, le croyant est rassuré de penser que Dieu tiendrait le « monde dans Sa main » et peut-être pourrons-nous dans le futur, par le progrès de la science, anéantir rationnellement toute « preuve » qui pourrait l’affirmer.

    Il n’empêche que je ne vois toujours pas en quoi cela empêcherai qu’Il soit là, et qu’Il agisse, ou qu’Il s’incarne et donc que nous le cherchions s’Il se laisse trouver.

    Yannick

  7. Auteur
    Marc mer 27 Juin 2012 Répondre

    Bonjour Yogi,
    (Réponse à ton 1er post du 26/6)

    Je vois que tu trouves ce livre fort passionnant :mrgreen:

    L’ouvrage parut en 2006 pour sa première édition. Comme je l’ai souligné en introduction du premier résumé, il a plutôt été accueilli favorablement par une bonne partie de la communauté scientifique :

    « [Collins] a écrit ce livre pour le grand public. Les faits de la nature sont énoncées clairement. Ainsi que sa vie religieuse, ce qui rend le livre rare, sinon unique. »
    Science

    « La façon dont Collins combine des exposés clairs, bien que techniques, avec sa réflexion personnelle est servi par une honnêteté intellectuelle et spirituelle. Toute personne s’interrogeant sur la manière dont la foi religieuse peut-être conciliée avec la connaissance scientifique, tout individu craignant que la science moderne n’attaque le cœur de la foi religieuse, tout être intéressé par une discussion éclairée à propos d’une question contemporaine cruciale devrait lire ce livre »
    Williams D. Philipps, prix Nobel de Physique 1977.

    Concernant ta remarque récurrente sur « qui a créé Dieu ? », elle n’est pas recevable car par DEFINITION Dieu est éternel et le créateur de toutes choses. Je conçois que ça pose problème à une interprétation matérialiste du monde, mais d’un point de vue Philosophique cette question n’a pas de sens puisqu’elle va à l’encontre de la définition même qu’on prête au « concept » de Dieu.
    « Dieu existe-il ? » est une question possible mais certainement pas : « qui l’a créé ? »

    Du point de vue de la foi (et de l’absolu devrais-je dire) Dieu EST.(point) – C’est comme cela qu’il est présenté dans la Bible.

    Quant à l’univers Matière et Energie, il ne répond pas vraiment à la définition d’une autocréation.
    Comme Collins essaie de le dire, le modèle décrivant une autocréation du monde visible est bien plus tordue sans qu’avec la notion d’un Dieu Créateur. Il avance donc qu’il faut faire moins d’effort intellectuel pour accepter qu’un être intelligent soit à l’origine de l’univers plutôt qu’une création spontanée se soit produite.
    De plus il me semble que le modèle oscillatoire d’un univers unique n’ait plus vraiment la cote sauf peut-être sous l’influence du bouddhisme (on s’éloigne donc de la science).
    J’ai du lire quelques démonstrations de l’impossibilité des rebonds de l’univers pour des questions de rendement mécanique extrêmement faible. Si l’univers était amené à se rétracter (ce qui est aujourd’hui une probabilité de moins en moins plébiscitée à cause de sa masse insuffisante pour en freiner l’expansion) il s’effondrerait sur lui-même sans rebondir.

    Pour répondre à ta dernière remarque, la manière dont les hommes (croyants ou non) comprennent Dieu ne changent rien ni à sa nature, ni à son existence. La bible elle-même nous explique que nous voyons comme au travers d’un miroir c’est-à-dire d’une manière confuse (un miroir de métal poli comme à l’époque romaine – c’est Paul qui écrit – voir ici par exemple : http://www.uclouvain.be/53825.html) et il est absolument clair et sans appel que Dieu ne cherche pas à se (dé)montrer, cela annulerait d’emblée le besoin de la foi. La foi, c’est de choisir de le servir sans le voir. Dieu se révèle alors à celui qui se confie ainsi sincèrement à lui par son Esprit, c’est en qq sorte une « preuve » personnelle, la bible parle des « arrhes de l’Esprit » que nous recevons, une force de conviction ineffable et indéracinable de sa présence en nous car « nous sommes le temple du Saint-Esprit » (toujours la bible). Même s’il nous faut poursuivre nos propres investigations pour comprendre les « comment » de la nature et certains « Pourquoi » de son plan éternel, nous « portons ce trésor (sa vie) dans des vases de terre » (encore la bible) car oui, nous sommes fragiles et faillibles, mais cela n’entame en rien la valeur du trésor lui-même (Dieu).
    Donc juger (de) ce trésor en se focalisant sur la médiocrité des vases est une erreur qui me semble dangereuse dans notre quête de Vérité.

    Nous pouvons être confrontés aux extrémismes religieux versant dans l’obscurantisme le plus âpre comme à ceux du matérialisme exacerbé qui niera même jusqu’aux questions existentielles qui émanent de son être comme une force de rappel et qui devraient pourtant l’inciter au moins à postuler pour d’autres hypothèses. Pour Collins, il existe un chemin de l’équilibre qui ne renie ni la science, ni la foi, vision à laquelle tu l’auras compris, je souscris pleinement.

  8. Yogi jeu 28 Juin 2012 Répondre

    @ Marc :

    Apparemment les critiques favorables du livre portent beaucoup sur sa présentation de la génétique et sa démarche de conciliation entre théorie de l’évolution et foi ; je ne suis pas sûr que la cosmologie soit vraiment le rayon de Collins.

    Concernant ta remarque récurrente sur « qui a créé Dieu ? », elle n’est pas recevable car par DEFINITION Dieu est éternel et le créateur de toutes choses.

    Très bien, alors donnons cette définition à l’univers aussi. « L’univers est éternel » : voilà. Je l’ai écrit, j’ai donc réglé le problème. C’est assez pratique comme approche je dois reconnaître.

    Quant à l’univers Matière et Energie, il ne répond pas vraiment à la définition d’une autocréation. […] De plus il me semble que le modèle oscillatoire d’un univers unique n’ait plus vraiment la cote

    Je ne sais pas bien ce que veut dire « autocréation ». Selon le modèle de la gravitation quantique le « vide » n’existe pas et peut donner lieu à tout moment à l’émergence de matière. Je suppose que cela nous oriente plus vers une « trame » éternelle et des univers multiples en effet, plutôt que vers un univers cyclique.

    il faut faire moins d’effort intellectuel pour accepter qu’un être intelligent soit à l’origine de l’univers plutôt qu’une création spontanée se soit produite.

    Bien sûr que ça ne demande guère d’effort intellectuel, puisque l’effort intellectuel est interdit : il est interdit de s’interroger sur la nature intrinsèque, l’origine et le mode de vie de cet « être intelligent ». De plus si l’intuition naturelle était un critère de vérité, c’est bien le soleil qui tournerait autour de la terre.

    Dieu se révèle alors à celui qui se confie ainsi sincèrement à lui par son Esprit, c’est en qq sorte une « preuve » personnelle, la bible parle des « arrhes de l’Esprit » que nous recevons, une force de conviction ineffable et indéracinable de sa présence en nous car « nous sommes le temple du Saint-Esprit » (toujours la bible)

    On en revient toujours au même point : Dieu qui se révèle dans une introspection pure et sincère du croyant. Ainsi l’introspection pure et sincère du musulman lui révèle que Allah est grand, que le Christ n’est pas Sauveur et que le Dieu Trine est une aberration. L’introspection pure et sincère du chrétien lui révèle la Vérité inverse. Je suis toujours abasourdi par l’invraisemblable orgueil de chaque croyant qui trouve la Vérité dans son for intérieur à lui et estime que les autres en suivant la même démarche ne débouchent que sur l’erreur.

    Comparons avec l’humilité et le respect universel du matérialiste qui constate « Quand j’étais petit je croyais au Père Noël de tout mon coeur, maintenant tous les jours je vois des sectes apparaître où des personnes pures et sincères gobent les croyances les plus folles, décidément l’introspection humaine n’est pas fiable. Cherchons d’autres appuis pour nous donner des indices sur le réel. »

  9. Auteur
    Marc jeu 28 Juin 2012 Répondre

    Comme tu le dis fort bien Yogi, il s’agit d’indices et non pas de preuves.
    La nature plaide pour un Dieu créateur, Collins parle ce ces soupirs existentiels, d’une loi morale au delà de la culture, etc.. etc…
    J’ai pourtant la sombre impression que tu n’es guère sensible à ces pistes et que partant du postulat matérialiste pur et dur, tu prends un malin plaisir à prendre les choses à l’envers…

    Le foisonnement des religions pose en effet un certains nombre de pb pour un observateur qui se voudrait neutre. Mais ce n’est pas parce que Cardin se trouve contrefait que ça enlève la réalité et la particularité de l’original !..

    Encore une fois, la religion ne sauve pas, c’est le Christ.
    Aussi, pour 2 individus embrassant la même religion, un peut manifester une foi vivante et l’autre un simulacre de vie spirituelle. Seul Dieu reconnait les siens. Ouille ! je sens que ça va encore te plaire…

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