Ces théories scientifiques qui prédisent des infinités d’univers condamnent-elles l’existence de DIeu ?

Posté par Marc Fiquet
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Voici un article de synthèse que nous a déniché notre physicien chercheur Antoine Bret grâce à ses relations et qui répond directement à la question posée par notre Titre.

Les théories comme la théorie des cordes qui tentent de franchir le fameux « mur de Planck » accouchent de modèles qui évoquent l’existence d’une infinité d’univers, certains y ont vu une réponse concurrente au théisme.

Vous trouverez dans l’article suivant classé dans la partie « Ressources » du site,  la réponse de Tom Rudelius un Physicien Chrétien qui vient de terminer une thèse en physique théorique à l’université de Harvard :

La théorie des cordes
a-t-elle dévoilé Dieu ?

 

Si ce sujet vous intéresse particulièrement, je vous invite à lire en complément cette analyse de John Polkinghorne, Qui a développé la double compétence de Physicien en mécanique quantique et de théologien.

Création ou multivers?

 

Et pour les inconditionnels de la vidéo, la video Perspectives des GBU et en lien sur notre Chaine YouTube que j’ai calée sur la bonne séquence évoque le sujet du multivers par des cosmologues et physiciens de haut-niveau chrétiens (cela rejoint l’analyse de Tom Rudelius).

 

 

Si vraiment vous êtes un insatiable et que vous êtes à la recherche de ressources plus « neutres », voici un dossier très complet mais digeste et assez concis qui fait un bel état des lieux d’où en est la science aujourd’hui sur ce sujet, et les questions auxquelles elle ne saurait répondre. Réalisé par Pierre LAHARRAGUE ayant travaillé au Commissariat à l’Energie Atomique, qui me semble être agnostique :

http://arcea-cesta.fr/dossiers/mur_planck.pdf

 

 

 

21 Commentaires

  1. him dim 17 Sep 2017 Répondre

    Peut être que Dieu lui même est finement ajusté pour produire des multivers ?
    Peut être que le multivers existe par nécessité et qu’il est a l’origine du Dieu de notre univers ?
    Ou peut être que notre univers existe seul par nécessité et que Dieu existe aussi par nécessité ?
    Comment exclure ces possibilités ?
    Lee Smolin qui est un physicien « cordiste » reconnu, considère maintenant que la théorie des cordes est un échec à cause de l’impossibilité de concevoir des expériences pour la vérifier. Ce en quoi elle ressemble au Dieu des religions révélées classiques, qui ne permet lui non plus aucune prédiction susceptible d’être vérifiée.

    La plupart des Chrétiens qui dispose d’une culture scientifique croient à l’ajustement fin des lois physique régissant l’univers en même temps qu’ils croient à la terre rare. La théorie de la terre rare prétend que que les bonnes conditions pour la vie ne sont réunies que sur notre bonne vieille terre (c’est la position de l’Astrophysicien chrétien Hugh Ross si je l’ai bien compris).
    En gros il faut un univers avec des trilliards de planètes pour espérer en trouver une qui convienne. D’ailleurs on ne sait pas si notre univers (sans aller en chercher d’autres) ne serait pas déjà infini ou à tout le moins bien plus grand que l’univers observable. Il se pourrait donc que les chances pour disposer d’une planète capable d’héberger la vie soit de 1 sur des trilliards de trilliards de trilliards. Ce qui est curieux c’est que l’on peut y voir un ajustement encore plus fin, tout comme un manque d’ajustement.

    • HEIMBURGER jeu 21 Sep 2017 Répondre

      Bonsoir him,

      Lee Smolin est un physicien de haute volée mais je ne crois pas qu’on puisse le qualifier de « cordiste ». Il a certes été enthousiasmé comme beaucoup par la théorie des cordes mais il en est revenu. Son livre:  » Rien ne va plus en physique ! L’échec de la théorie des cordes » (Ed. Points, Dunod 2007) n’est pas d’un abord très facile. Il explique très en détail à la fois les remarquables avancées théoriques et mathématiques de cette ou plutôt ces théories mais aussi ses excès et en quoi et pourquoi elles mènent à une impasse.
      Il en appelle à un retour à la vraie science.
      En gros, je suis d’accord avec vous et je serai intéressé de connaître les critiques des « cordistes » actuels vis-à-vis des critiques fondamentales de Lee Smolin.

      En revanche, je ne suis pas d’accord avec votre phrase:  » La plupart des Chrétiens qui dispose d’une culture scientifique croient à l’ajustement fin des lois physique régissant l’univers en même temps qu’ils croient à la terre rare. »
      Distinguons bien la question de l’ajustement fin des lois physiques (et derrière, celle de l’existence des multivers) et celle de la terre rare.
      Personnellement, j’aurai du mal à accepter la notion théorique d’un multivers dont la quasi-totalité des univers (en nombre infini? très grand ?) serait stérile comme compatible avec la notion d’un Dieu créateur.

      Mais je n’ai aucun mal à accepter l’idée d’un seul univers (le nôtre) avec une multitude de planètes dont certaines pourraient abriter une vie intelligente.
      Je ne vois pas où est le problème.

      • Antoine ven 22 Sep 2017 Répondre

        J’avais lu le livre de Smolin, et partageais tout à fait son malaise face aux excès de l’engouement pour les cordes, ainsi que l’absence totale de confirmation expérimentale.

        Je viens cependant de finir un livre qui me fait mieux comprendre l’intérêt de cette théorie. Il s’agit de « Why String Theory », de Joseph Colon. Il admet tout a fait l’absence de support expérimental (le chapitre qui traite de ce point est savoureux – ds le bon sens du terme). Mais il explique bien les raisons de l’attrait mathématique que les cordes exercent. Cette théorie englobe le modèle standard, accouche de la relativité générale, et les calculs qu’elle fait reproduisent exactement les résultats que d’autres auteurs ont obtenu par des méthodes complétement différentes (ex : l’entropie des trous noirs).

        De surcroit, des théorèmes de théorie des cordes permettent de résoudre des problèmes jusque-là insolubles en physique du solide, ou bien en physique des collisions d’ions lourds au LHC.

        Bref, je comprends que les gens se disent « il y a quelque chose »

      • him sam 23 Sep 2017 Répondre

        Bonjour HEIMBURGER
        Si la plupart des catholiques croient que la vie intelligente extraterrestre existe alors Giordano Bruno doit se retourner dans sa tombe si j’ose dire.
        Des êtres extraterrestres intelligents et sensibles peuvent ils espérer dans une vie éternelle ? Dieu va t’il lui même se sacrifier et ressusciter sur leur planète pour les sauver ou devons avancer dans l’étude des voyages interplanétaires pour aller nous même un jour évangéliser ces civilisations ?
        Je me demande si en fait vous n’avez pas tout aussi bien « aucun mal à accepter l’idée » qu’il y ait beaucoup de planètes habitables mais que Dieu n’aurait créé une forme de vie intelligente et sensible uniquement sur notre bonne vieille terre. C’est à dire que nous les hommes serions la seule forme de vie intelligente et sensible dans l’univers, même si des milliards d’autres planètes auraient pu aussi bien convenir, sinon mieux.
        Je me trompe ?

        • HEIMBURGER sam 23 Sep 2017 Répondre

          Bonsoir Him,

          svp lisez moi bien.

          Vous écriviez au départ : « La plupart des Chrétiens qui dispose d’une culture scientifique croient à l’ajustement fin des lois physique régissant l’univers en même temps qu’ils croient à la terre rare. »

          Et j’ai répondu par rapport à cette partie de votre phrase  » la plupart des Chrétiens…qui croient à la Terre rare. » Et maintenant, comme je suis catholique, vous substituez Catholique à Chrétien.

          Reprenons.
          Je ne sais pas ce que pensent les catholiques en général par rapport à cette question.
          Ce que je pense, comme Chrétien catholique « informé », c’est qu’il n’y a aucune incompatibilité fondamentale entre un Univers possiblement habité par de multiples formes vivantes et la Foi chrétienne.

          Vous écrivez: « Des êtres extraterrestres intelligents et sensibles peuvent ils espérer dans une vie éternelle ? Dieu va t’il lui même se sacrifier et ressusciter sur leur planète pour les sauver ou devons avancer dans l’étude des voyages interplanétaires pour aller nous même un jour évangéliser ces civilisations ? »
          Jésus de Nazareth est l’incarnation de Dieu dans NOTRE monde.
          Nous ne savons rien de ces autres mondes possibles et de la possibilité d’une vie consciente sur certaines de ces exoplanètes.
          Mais si elles existent, alors oui, comme pour nous, la notion de Dieu doit être présente d’une façon ou d’une autre, dans ces civilisations hypothétiques. En revanche, nous ne pouvons rien savoir de la façon dont le Verbe de Dieu, Dieu lui-même, (POUR NOUS, Jésus de Nazareth, le Christ) aurait pu se manifester ailleurs, sur ces autres planètes.

          Ce qui poserait véritablement un problème serait de trouver des civilisations extra-terrestres peuplées d’êtres conscients où AUCUNE notion de transcendance n’apparaîtrait.

          En dehors de ce cas qui serait problématique pour la Foi, je crois que le Verbe de Dieu s’est manifesté d’une façon ou d’une autre à ces civilisations mais pas nécessairement de la façon dont il s’est manifesté chez nous.

        • him dim 24 Sep 2017 Répondre

          Bonjour HEIMBURGER
          Il me semble comprendre de ce que vous dites que ni vous croyez à l’existence de civilisations extra-terrestres ni vous n’y croyez pas, mais simplement que cela ne pose pas de problème à votre foi chrétienne qu’il en existe ou pas pourvu que si elles existent au moins certaines d’entre elles disposent d’un concept de transcendance. Et aussi que vous ne savez pas si beaucoup de catholiques et a fortiori de chrétiens croient en une terre rare ou pas.
          Peut être qu’un jour on tentera de communiquer avec d’éventuelles civilisations technologiquement avancées des plus proches exoplanètes semblables à la terre. Ce me paraît d’ores et déjà techniquement faisable, mais peut être pas suffisamment motivant compte tenu des ressources qu’il faudrait mobiliser. J’ai évoqué cela à la suite de l’article sur les exoplanètes.
          http://www.scienceetfoi.com/un-dossier-sur-les-exoplanetes/

          • HEIMBURGER dim 24 Sep 2017 Répondre

            Bonsoir,
            en effet, vous avez bien compris.

            A lire le dossier des exo-planètes ( http://www.scienceetfoi.com/un-dossier-sur-les-exoplanetes/), et compte-tenu des avancées de la science sur la formation des systèmes planétaires autour des étoiles, nous sommes d’accord. C’est un fait maintenant quasiment avéré qu’il y a bien plus de planètes dans l’univers que d’étoiles. Soit, pour notre seule galaxie, plusieurs centaines de milliards de planètes.

            Parmi celles-ci certaines sont dans la zone d’habitabilité (on en découvre régulièrement), c’est à dire celles où de l’eau liquide peut exister. Certes il existe bien d’autres contraintes comme le dit le dossier et les recherches sur les critères d' »habitabilité » progressent.
            Il est possible que finalement les critères d’habitabilité conduisent à reconnaître que seule une infime partie des planètes situées dans la zone théoriquement habitable soit réellement habitable. Mais même dans ce cas, je ne vois pas comment la probabilité pourrait être de zéro. Au minimum, nous aurions dans notre seule galaxie des millions de planètes réellement habitables.
            Au-delà, comme le dit le dossier nous entrons dans le domaine de la biologie.
            Certes nous ne savons pas comment la vie est apparue sur terre. Mais nous savons au moins deux choses:
            – les « ingrédients » élémentaires de la vie basée sur le carbone sont omniprésents y compris dans le cosmos.
            – Une fois la « vie » installée elle semble résister à toutes sortes de catastrophes. Les extrêmophiles sur terre semblent montrer une capacité d’adaptation à des conditions extrêmes. Et le dernier papier de David Sloan cité dans le dossier montre qu’au moins une espèce (l’ourson d’eau, un arthropode d’un millimètre) est capable de résister à des expériences reproduisant les catastrophes cosmiques (sursauts gamma, supernova, chute d’un astéroïde) alors que toutes les autres espèces disparaissent à l’exception des bactéries.
            « Il semble que la vie, une fois qu’elle est installée, est difficile à supprimer complètement » écrit l’auteur.

            Il existe d’autres moyens de découvrir des signatures de la vie sur les exoplanètes que celles que vous décrivez dans votre commentaire. Ce sont comme vous le savez les analyses spectrales de l’atmosphère de ces exoplanètes. La présence d’ozone en particulier signerait l’existence de la photosynthèse et donc d’une vie végétale. C’est extrêmement complexe mais c’est certainement la méthode la plus réaliste pour détecter la présence de formes de vie sur les exoplanètes.

            Vous aurez compris que je suis enclin à croire que oui, la vie existe avec une forte probabilité ailleurs.

            En revenant à la question de départ, je pose la question: y a -t’il incompatibilité entre la Foi chrétienne et l’existence, à mon avis très probable, d’une vie probablement profuse dans tout l’Univers connu ?
            A mon avis, aucune.

          • him lun 25 Sep 2017 Répondre

            Bonsoir HEIMBURGER
            les chrétiens qui ne voient rien dans la bible qui aille dans le sens d’un possible projet de Dieu pour d’autres mondes, me paraissent plus cohérents dans leur vision du monde avec leur confession de foi. Je suis peut être influencé par une proximité plus grande avec les évangéliques (ma femme est pentecôtiste).
            Mais personnellement je crois aussi que la vie y compris intelligente est répandue dans l’univers.

  2. Antoine dim 17 Sep 2017 Répondre

    Les recherches sur les exoplanètes ont pas mal remis en cause la terre rare (voir à ce sujet notre récent dossier http://www.scienceetfoi.com/ressources/exoplanetes/). Ici, on peut observer.
    En revanche, la validité de la théorie des cordes ou de ses concurrentes pourrait bien rester longtemps en suspens, faute d’observation, comme vous les dites. Wait and see

  3. Pascal sam 23 Sep 2017 Répondre

    Pour ma part, j’ai beaucoup étudié l’astronomie, qui est pour moi la reine des sciences. J’ai été fasciné à l’âge de dix ans, de découvrir, dans le « journal de Mickey » (eh oui !), ce qu’est une galaxie, avant de me plonger dans des livres de plus en plus complets et complexes. Bien des années d’études et de vie plus tard, je me suis « reconnecté » à la plus magnifique des sciences, et le paysage en avait bien changé. Beaucoup d’astrophysiciens étaient devenus des sortes de démiurges, qui rivalisaient d’ingéniosité, pour nous expliquer le début et la fin, ainsi que tout ce qui existe entre les deux, à l’aide de théories plus grandioses les unes que les autres. Et j’ai lu des textes sur la théorie des cordes, les fluctuations quantiques du vide génératrices de matière, les multivers, la topologie cosmologique, … bref, ils avaient tout compris, ou du moins le prétendaient.
    Alors, je me suis rappelé de la fascination que j’avais éprouvée en découvrant ce qu’est une galaxie, et après ces nouvelles lectures, je me sentis étrangement vide…
    Ensuite, je me suis dit que ces théoriciens du Tout sont vraiment trop prétentieux, que nous ne percevons que des bribes de la réalité, et qu’il est vain de vouloir décrire le puzzle entier, à partir des quelques pièces que nous possédons. Et j’ai laissé tomber la lecture de ce qui m’apparaissait comme des élucubrations, dont chacune demandait d’acquérir un bagage mathématique conséquent, afin de dépasser le stade de la pure vulgarisation. Il est urgent de spéculer un peu moins, et d’observer encore et encore. Et quand bien même continuerons-nous d’observer, découvrirons-nous un jour le monde tel qu’il est, alors qu’en en faisant partie, nous sommes incapables de nous en extraire totalement, même par la pensée ?
    Mais j’ai foi en un Dieu qui a créé le puzzle, et qui sait le pourquoi de l’existence de chacune de ses pièces. Je Lui laisse l’explication finale du mystère du monde, et reste fasciné par ce qu’il m’est donné d’en observer avec ma vue humaine limitée.

    • HEIMBURGER lun 25 Sep 2017 Répondre

      Bonsoir Pascal,
      Le journal de Mickey était certainement une bonne introduction ;-)
      Je partage en grande partie votre point de vue.
      Après des décennies de découvertes réelles et fantastiques concernant la cosmologie, qui ont changé définitivement notre vision de l’univers, je ressens comme vous un certain « vide ».
      Tout semble maintenant basé sur des équations mathématiques extrêmement complexes.
      La cosmologie fondamentale semble être devenue une branche des mathématiques sans aucune possibilité de vérification expérimentale.
      La théorie des cordes en est un bon exemple. Elle permet mathématiquement de supprimer les singularités, elle affirme pouvoir unifier la gravité avec les autres forces fondamentales (la gravité quantique) mais elle nécessite pour cela l’existence de plusieurs dimensions supplémentaires. Celles-ci se seraient repliées à une dimension de l’ordre de la longueur de Planck (10 puissance -33 cm) au tout début de l’univers sans que la théorie ne donne à ma connaisance de raison contraignante à cela. De plus, le nombre de configurations de ces repliements possibles est d’environ 10 puissance 500, donnant théoriquement autant d’univers possibles et donc probablement réels puisqu’il semble maintenant, que « tout ce qui est mathématiquement possible est réel » !

      Je comprends et partage votre désarroi.

      Cependant, nous devons continuer à croire en la raison humaine. Je vous invite à lire le livre de Trinh Xuan Thuan: « la plénitude du Vide » (Ed. Albin Michel, 2016) qui fait le point sur toutes ces questions en se basant uniquement sur des données prouvées.

      • Antoine lun 25 Sep 2017 Répondre

        Le problème est qu’en physique des particules comme en cosmologie, on en est à un point où il devient très difficile de tester les théories. Il y a 100 ans, on pouvait trouver la mécanique quantique, et la tester, en chauffant un tube d’hydrogène dans une cuisine. On pouvait se rendre compte que Newton ne marche pas en mesurant l’orbite de Mercure, et tester Einstein avec Mercure ou la déviation de la lumière d’une étoile lors d’une éclipse. Découvrir l’expansion de l’univers était aussi accessible aux instruments de l’époque.
        Dans la seconde partie du XXe siècle, on a pu élaborer le modèle standard avec des accélérateurs de particules pas trop gigantesques. Mais ce n’était déjà plus la cuisine. Et puis pour finir le modèle standard, pour trouver le Higgs, il a fallu trouver le LHC.
        Il n’y a actuellement aucun moyen de faire une expérience qui dise si la théorie des cordes, par exemple, est OK ou pas. Simplement parce que les conditions physiques requises pour la différencier de ce qu’on sait sont si extrêmes qu’on ne sait pas les produire. C’est un peu comme essayer de mettre la relativité restreinte (RS) à l’épreuve avec des objets qui ne vont qu’à 10 km/h. Les effets sont si petits qu’ils sont virtuellement indétectables (les effets RS commencent à se faire sentir quand on s’approche de 300 000 km/s).
        En juillet 2016, j’ai déjeuné avec un physicien des particules de UCLA. Il me disait qu’à son avis, la physique de particules était morte (« doomed »), parce qu’on ne peut plus faire d’expériences pour tester les théories. Alors forcément, ça devient des maths.
        Plein de gens essaient de trouver des moyens de tester tout cela expérimentalement, mais c’est pas facile.

        • HEIMBURGER mar 26 Sep 2017 Répondre

          Bonsoir Antoine,
          merci de votre commentaire très clair et en fait j’avais déjà bien intégré tout cela mais moins précisément.
          Et c’est bien pour ça que,comme Pascal (pas le philosophe mais le contributeur sur ce site), je ressens « un grand vide ».

          Il semble que pour l’instant la science (comme méthode permettant de tester les modèles par les observations ou les expériences) soit dans une impasse qui risque de durer longtemps.

          Devons-nous maintenant considérer qu’une théorie mathématique, dès lors qu’elle permet de résoudre certains problèmes des théories antécédentes peut être considérée comme probablement vraie, en l’absence de toute possibilité de vérification expérimentale possible ?
          Ce faisant nous modifierions radicalement la définition de la science.

          Dans le passé, il y a eu de nombreux exemples de modèles mathématiques prometteurs qui ce sont révélés faux après confrontation avec l’expérimentation ou les observations.
          Nous sommes donc devant un mur.

          La question est donc: comment penser le Réel dans la situation d’impasse où nous sommes actuellement ?

          • Antoine mar 26 Sep 2017 Répondre

            SI encore les maths n’offraient qu’une seule alternative, mais même pas. Les équations de la théorie des cordes, par exemple, ont environ 10^500 solutions. On ne retrouve plus cette sensation de nécessité que l’on éprouve en lisant les théories d’Einstein.
            Je suis au courant de 3 pistes vers lesquelles se tournent les gens dans l’espoir de pouvoir tester tout cela :
            1/ Faire des expériences ultra-précises en labo. Déjà, on peut tester le ralentissement du temps avec la gravité (style « Interstellar »), dans un labo, avec des horloges atomiques. Alors pourquoi pas ?
            2/ Faire des mesures de plus en plus précises du Fond Diffus Cosmologique, car il est la relique d’un moment ou l’univers est passé par une phase hyper extrême.
            3/ Trouver des indices dans des évènements astronomiques extrêmes, genre : propagation sur des milliards d’années lumières de photons hyper énergétiques (en espérant, par exemple, que certaines longueur d’ondes arrivent avant d’autres).
            Mais pour le moment, rien -:(

      • Pascal lun 25 Sep 2017 Répondre

        En fait, selon moi, il reste deux questions essentielles, me semble-t-il :

        1) L’être humain est-il en mesure de comprendre pleinement, de manière définitive et complète, le monde dans lequel il vit ? Je ne suis pas certain qu’on trouve une seule personne sur Terre, même parmi les scientifiques les plus éminents, pour répondre à cela par l’affirmative;

        2) Le monde est-il intelligible ?

        En fait, ces deux questions, reviennent finalement au même…

        • HEIMBURGER mar 26 Sep 2017 Répondre

          Bonsoir Pascal,

          Pour ce qui me concerne, j’ai tendance à penser que le Réel fondamental, le fond ultime des choses est et restera toujours « voilé » au sens de Bernard d’Espagnat.

          Cordialement
          Thibault.

        • Auteur
          Marc Fiquet mar 26 Sep 2017 Répondre

          Bonjour Pascal,

          Permets moi de nuancer un peu ton analyse.

          OK avec 1)

          A priori les faits nous montre que pour 2) la réponse est oui également, on est quand même très loin d’être dans le brouillard…
          cf : http://www.scienceetfoi.com/ce-quon-sait-ce-quon-sait-quon-ne-sait-pas-et-ce-quon-ne-sait-pas-quon-ne-sait-pas/

          La conclusion c’est donc que 1 n’est donc pas similaire à 2, c’est d’ailleurs ce qui fascinait tant de grands esprits comme celui d’Einstein :

          « La chose la plus incompréhensible sur le monde est qu’il est compréhensible »
          ou encore :
          « Le fait que le monde soit intelligible est un miracle. » (Lettres à Maurice Solovine)

          C’est en fait pour nous un argument d’apologétique assez puissant qui milite en faveur d’un univers ayant une finalité et où la place de l’homme en son sein prend tout son sens.

          • Pascal mar 26 Sep 2017 Répondre

            Bonsoir Marc,

            qu’y-t-il de compréhensible réellement dans la physique quantique, si ce n’est qu’elle permet de prédire le comportement des particules élémentaires, d’expliquer la stabilité de l’électron sur son orbite autour du noyau ? Même le grand Albert Einstein que tu cites, ne se satisfaisait pas de l’explication quantique, et dépensa beaucoup d’énergie à tenter d’y trouver des failles.

            Il faudrait s’entendre sur ce que l’on appelle un « monde intelligible », mais là, nous entrons de plein pied, dans le domaine de la philosophie.

            Et même Einstein est mort, sans avoir compris « tout », car « tout » n’est pas accessible. Quand « tout » n’est pas accessible, il reste la foi. Et je crois en un Dieu, qui est l’Alpha et l’Omega, et connait l’explication finale du monde tel que nous le percevons, avec nos sens limités, notre pensée limitée, et pourtant notre appétence quasi-illimitée à le comprendre.

            J’ai seulement voulu intervenir, par rapport à l’irritation que j’avais pu ressentir face aux écrits ou paroles d’astrophysiciens ou cosmologiques, devenus tellement sûrs d’eux, qu’ils prétendaient – mais cela ne peut prendre qu’avec le béotien moyen – avoir trouvé l’explication ultime du pourquoi et du comment des choses. Et par rapport à cela, résonnait en moi la célèbre phrase dont je n’arrive pas à identifier l’auteur : « Vanité, tout n’est que vanité… »

            • Auteur
              Marc Fiquet mer 27 Sep 2017 Répondre

              Bonjour Pascal,

              Je comprends tout à fait ton sentiment, et il faut rétablir l’équilibre, tu as tout à fait raison, mais nous devons résister de verser dans l’extrême inverse et ce n’est pas toujours facile… Quand Salomon dans le livre de l’Ecclésiaste nous parle de la vanité du monde , il le fait avec un certain regard, qui n’est pas le regard complet que nous nous donne la Bible sur le monde pour un homme qui qui aurait fait le choix de Dieu par exemple et qui entrevoit d’autres réalités immatérielles.

              En science c’est un peu pareil, si tu suis le lien d’Antoine que j’ai rappelé plus haut, quand on navigue en Terra Cognita, tout va bien, et il faut bien reconnaître que notre raison nous permet d’en savoir énormément sur le monde qui nous entoure et même de plus en plus. C’est quand on commence à s’aventurer aux limites que ça se gâte et il faut résister de sombrer dans des raisonnements binaires comme l’anti réalisme (on ne peut rien savoir) et le scientisme (la science permettra de tout connaître).
              Dennis Lamoureux explique cela très bien dans son cours, peut-être que tu le suis ?
              voir les derniers modules sur la science :
              http://www.scienceetfoi.com/diaporamas-et-cours-en-ligne-de-denis-lamoureux/

              Nous allons publier très prochainement la position qui nous semble être la plus sage et la plus équilibrée, celle du réalisme critique qui évite les écueils de ces deux extrêmes, Denis Lamoureux portera cette explication par la bouche de John Polkingorhne un chercheur en physique quantique de stature internationale reconverti en prêtre anglican et devenu spécialiste des questions Science et Foi…

    • him mer 27 Sep 2017 Répondre

      Bonsoir à tous, je trouve plutôt que la physique au moins pour la partie expérimentale a produit beaucoup de résultats ces dernières années
      – observation d’ étoiles en orbite autour du trou noir du centre galactique de la voie lactée (première preuve directe pour moi de l’existence des trous noirs)
      – mise en évidence des ondes gravitationnelles (qui pourrait devenir un nouvelle instrument d’observation astronomique)
      – découvertes de nombreuse exoplanètes
      – découverte de l’accélération de l’expansion de l’univers
      – séquençage du génome humain
      – détection du boson de Higgs et de neutrinos
      – création des premiers circuits logiques quantiques
      Ce dernier point pourrait donner lieu à terme à une révolution technique dans le domaine de la simulation, au point d’effectuer des découvertes (par exemple de médicaments) par pure simulation.
      Cela aide a supporter la frustration de ne pas savoir s’il les multivers existent ou pas.

  4. Michel Salamolard lun 09 Oct 2017 Répondre

    Merci de cet excellent dossier sur le multivers!

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